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 Sujet :

Concours récit N°1

 
n°154
dwarfkeepe​r
Nain encombrant
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Posté le 25-06-2007 à 20:11:29  
answer
 

Concours récit n°1 de Darkmillenium.
 
Règlement :
 
Ce post n'est destiné qu'à recevoir les textes des participants. Tout commentaire devra être effectué sur le sujet autorisé. Les commentaires effectués sur cette section seront effacés.
 
Ce concours de récit aura pour thème « la résistance », et peut prendre part dans lÂÂ’univers « battle » ou « 40k »  indifféremment. La façon dont est traité le sujet est laissée à la libre discrétion du rédacteur. Deux textes maximums par concurrents. Multi-compte interdit. Soignez vos écrits.
 
La taille minimum du récit sera d'une page word, taille de police 12 Times New Roman. Une taille inférieure disqualifiera le texte au niveau du « cadeau du vainqueur» (Voir plus bas.), bien qu'une note sera attribuée au récit.
 
Le récit sera noté sur différents critères : l'originalité, la clarté, l'orthographe, la richesse du vocabulaire. Ces critères ne sont pas exhaustifs. La note finale sera attribuée sur 30 points.
 
Ce concours prendra fin le 14 juillet 2007 à minuit. (14/07/07) L'arbitre se donne quinze jours maximums pour lire et noter les rédacteurs, et désigner le vainqueur. En cas de retard, le résultat ne pourra être donné que début septembre, l'espèce d'arbitre étant indisponible tout le mois d'août.
 
Le vainqueur recevra un blister surprise, pas obligatoirement du battle, une fois qu'il aura communiqué son adresse complète à l'organisateur//arbitre.
 
A vos plumes.


Message édité par dwarfkeeper le 30-06-2007 à 14:51:12
n°173
anakron
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Posté le 01-07-2007 à 23:44:05  
answer
 

Voici mon premier texte, j'éditerais le sujet plus tard si j'ai le temps d'en créer un autre.
Une page word c'est short quand même, du coup j'aime pas trop ce que j'ai écrit, mais bon :/
 
 

DISPARITIONS
-Texte Warhammer 40.000-

 
Les premières minutes qui suivirent de prés l’arrivée en grandes pompes de l’inquisiteur Proximus Al’Cain étaient, remarquais-je, teintées d’inquiétudes diverses, principalement au sujet d’un bon nombre de rumeurs qui, malgré les démentis, allaient bon train dans le poste avancé depuis plus d’un mois. Une vaste campagne que j’espérais fructueuse lancée par mes subordonnés mettait en place un système de « résistance à la panique », prévoyant l’arrivée d’un inquisiteur afin de calmer les consciences et les inquiétudes. Mais aux "on dit" se rajoutèrent, malgré les efforts permanents de notre état major, les disparitions inquiétantes de plusieurs soldats du régiment de la garde impériale, des pertes parfois lourdes, allant, selon les témoins, d’un seul soldat à un bataillon entier, sans aucune explication apparente. Alors que le vaisseau auxiliaire du croiseur impérial s’amarrait à peine à notre base d’aéronefs, le silence était pesant, et la tension peu soutenable. Malgré mon statut haut placé, ma compréhension de la peur soudaine des troupes était présente, et j’avoue avoir fait mon possible afin de les rassurer du bon déroulement de l’opération. Néanmoins la présence d’un inquisiteur sur le sol du terrain militaire était lourde de significations, et, bien entendu, sujette aux ragots les plus imaginatifs.  
 
Alors que la nuit allait élancer son voile sur Tertia-CentorusVII, la lointaine planète où nous nous étions fourrés mon armée et moi-même, je forçai plus ou moins l’officier Recall à prendre l’initiative d’aller accueillir l’homme sujet aux débats les plus controversés. Bien qu’imposant et plutôt austère, l’officier ne céda, d’après lui, qu’à une très brève crainte en saluant d’un geste l'inquisiteur, froid, calculateur et pas bavard pour un sous, je pense avoir mis un grand nombre d’efforts en jeu afin de le mettre en confiance quant à la sécurité militaire de notre camp, si, bien entendu, on peut affirmer qu’un inquisiteur impérial soit le genre de personne pouvant avoir « confiance ». Selon Recall, Proximus posa au fil de leur entretient beaucoup de questions, principalement sur les raisons des disparitions, les corrélations entre les victimes, les preuves, les faits. Malheureusement pour lui, mon officier n’avait alors je pense que peu d'éléments à lui soumettre car, malgré les témoignages de certains soldats, plutôt fournis, les absences ne se déroulaient que la nuit, et sans aucune trace visible de l’enlèvement. Je me souviens maintenant avoir maintes fois utilisé le vocabulaire de l’évaporation afin de mieux définir notre problème.
 
L’idée que ces évènements plus ou moins récents soient liés aux dieux païens du chaos m’avait été fournie par un fantassin ayant vécu un cas similaire dans une planète-ville où certains quartiers, selon lui, avaient été décimés en quelques heures dans la nuit, sans exégèse apparente. Mais selon moi, ce fût principalement la peur grandissante de notre corps armé, non expérimenté en la matière, qui me poussa à faire appel à l’inquisition afin d’établir un diagnostic clair et net de la situation.  
Après plusieurs jours d’investigation intensifs, Recall me rapporta que l’inquisiteur Al’Cain avait dans ses projets de quitter rapidement Tertia car il n’avait pour ainsi dire, aucune preuve apparente d’une invasion chaotique, qu’elle soit physique ou immatérielle, de notre camp de base. D’après mon subordonné, les disparitions étaient sans nulles doutes crées par des désertions calculées des soldats du camps, peut-être dues au trop grand éloignement de notre base quant à la première planète habitée. Je fût alors ravi de cette nouvelle, et pour le moins soulagé.
 
Proximus Al-Cain s’éloigna de Tertia-CentorusVII après une enquête d’une semaine, infructueuse et vaine, apaisant ainsi les rumeurs selon moi totalement infondées d’évènements d’origine chaotique au sein même de notre section. Notre mission d’origine scientifique d’observation de l’écosystème pouvait alors reprendre son cours normal, sans la présence fort inconvenante de problèmes interne de ce genre.
Je fit convoquer Recall le lendemain du départ, sans ménagement, je fis demander la remise en route de la mission première de notre base, puis, la nuit venue, j’eu tôt fait disparaître l’officier avant de le dévorer moi-même, tout reprenait son cours normal, que Slaanesh soit loué, leur résistance à la panique était nettement plus forte que leur raison !


Message édité par anakron le 02-07-2007 à 00:10:38
n°174
Grimm
Cogneur de Gobbos professionnel
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Posté le 03-07-2007 à 12:19:05  
answer
 

Voila le premier texte, c'est un concours donc on ne raconte pas sa vie mais je tiens a dire que je n'ai que 13 ans(ce qui explique le niveau...).
J'appartiens au forum Athel Loren et je le représente en quelquesorte avec ce texte (meme si d'autre membre du forum participerons).
Voila, place au texte :  
 
ESCARMOUCHE EN ATHEL LOREN
 
 
Ydrill, juché du haut de son chêne, était immobile.
il regardait depuis longtemps les Bêtes du Chaos qui s’affairaient à brûler les derniers arbres de la colline.  
 
L’elfe était vêtu d’une cape et d’une armure de feuilles dont les couleurs se confondaient avec celles de la végétation alentours. A sa ceinture, pendait une magnifique épée longue incrustée de divers bijoux.
Son arc était d’un bois d’excellente facture, tandis que les flèches empennées de rouge dans son carquois étaient prêtes à semer la mort chez les envahisseurs.
 
Cela faisait maintenant plusieurs jours que les disciples des dieux noirs ravageaient le versant Occidental d’Athel Loren, exterminant la résistance Elfe Sylvaine. De nombreuses bandes d’hommes-boucs s’étaient rassemblées autour d’une pierre des hardes située à l’orée de la mystique forêt et ils avaient lancé une nouvelle attaque à travers les hauts-bois.
Un détachement était désormais dans la clairière et Ydrill, pensant que l’heure était venue, banda son arc, visa, et décocha. La flèche traversa la clairière et alla transpercer le crâne d’une des créatures aux pieds fourchus.
L’abomination poussa un rugissement de douleur avant d’atterrir face contre terre, son sang s’échappant pour souiller le sol sacré d’Athel Loren.
 
Ydrill esquissa alors un petit geste et une volée de flèches empennées de rouge jaillit des fourrés. Ses frères forestiers étaient entrés en action. Les flèches finement ouvragées allèrent se ficher dans les corps hommes-bêtes. Quelques hybrides s’effondrèrent lourdement au sol, tandis que les elfes bondirent dans la clairière, se jetant farouchement sur les êtres corrompus.
Ydrill s’élança à son tour, sautant lestement de son chêne et dégainant sa lame ciselée , ornée de runes elfiques. Il se devait de détruire cet anathème de la noble race Asraï.
 
Les hommes bêtes se jetaient frénétiquement sur les elfes, tandis que ces derniers hurlaient leur rage, abattant leurs fines lames sur les engeances du chaos. Le combat se poursuivait, les coups s’échangeaient, mais aucun des deux camps ne parvenait à prendre l’avantage.
 
Ydrill éventrait ses ennemis, leur tailladant violemment les chairs, mais il y en avait toujours d’autres à pourfendre.
Achevant un gor, il découvrit le meneur, un imposant minotaure.
L’homme-bête fendait les crânes de deux frères elfiques, armé de sa gigantesque hache, tenant plus du hachoir que de la hache.
Des objets de mauvaise qualité et des peaux de bêtes lui tenaient lieu de vêtements, tandis que des crânes pendaient à sa ceinture.
L’enfant de la Sylve découvrit avec effroi que le signe du dieu sanguinaire Khorne parcourait son torse.
 
Ydrill connaissait cette catégorie de minotaure : c’était un Doombull. Le colosse rugit en décapitant les forestiers se présentant à lui. Un frisson parcourut l’échine de l’elfe. Décidant de mettre un terme à cette vision d’horreur, le fils d’Athel Loren s’élança vers le mastodonte.
 
Le Doombull fixa un moment Ydrill puis s’élança, lui aussi, en direction de ce dernier avec une agilité surprenante pour un être aussi corpulent.
 
Le Bull abattit son arme sur le forestier, qui esquiva rapidement avant d’enchaîner une série d’attaques au niveau du torse non protégé de la bête.
Le monstre ne fut pas assez vif, mais la plupart des attaques ne causèrent que de légères estafilades ne parvenant pas à pénétrer le cuir épais de l’homme-taureau.  
Le Doombull riposta alors, gratifiant le forestier de plusieurs coups bien placés.  
 
Ydrill ne pouvait rivaliser de force avec le Bête du Chaos, aussi, il fut projeté sur un arbre, son épée lui sautant des mains. Blessé, désarmé, acculé, il tomba à genoux.  
Le géant s’approcha, poussant un grognement de victoire.
Autour de l’elfe, ses frères perdaient progressivement du terrain devant la harde intarissable de bêtes.
 
Ydrill avait échoué, tout était de sa faute.
L’esprit du fils de Kurnous vagabondait. Le Doombull abattit alors sa hache et son esprit se dissipa en même temps que son âme…
 
Nehieth


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Entre l'arbre et l'écorce, prend garde a l'elfe !
 
Administrateur de Karak Draka : Grimm - seigneur nain
http://karakdarka.actifforum.com/index.htm
n°175
Grimm
Cogneur de Gobbos professionnel
profil
Posté le 03-07-2007 à 12:45:37  
answer
 

Rebonjour, voici le 2eme texte.
Je représente cette fois ci Karak Draka.
Sur ce forum nain mon nom est Grimm, mais j'ai pas refait un nouveau compte pour pas qu'il y ai de confusion...
Voila la bete :
 
Grimnir, entends nos prières !
 
 
Grimm exaltait, quoi de mieux que de casser des crânes d’orques ?
 
Après les avoirs traqués pendant plusieurs jours, Grimm et ses guerriers à crêtes pouvaient enfin assouvir leurs rancœurs personnelles et peut-être trouver une digne fin.  
Lui et ses frères avaient juré de trouver la mort sous les coups des plus grands ennemis de la race naine.  
Grimm s’était fait Tueur lors du pillage de Karak Drazh, sa forteresse natale. Sa famille avait péri sous ses yeux. Rendus alors à moitié fou, il fit le serment du Tueur et trouva refuge dans le nord ou il rallia à lui de nombreux Tueurs. Cette compagnie avait affronté maints périls et nombreux étaient ceux qui avaient vu leur vœux exaucé. Ils avaient combattus des Peaux vertes, des créatures du Chaos, des Démons ou encore des Géants ainsi que bien d’autres monstruosités.
 
Aujourd’hui, peut-être, Grimnir exaucerait les désirs de ses disciples.
Une flèche siffla aux oreilles de Grimm, le sortant ainsi de sa torpeur. Il dégaina son arme et se jeta avec brutalité sur les Orques et leurs frêles cousins : les Gobelins.
Ses frères l’imitèrent.
 
Il faisait des moulinets avec sa hache runique rendant au centuple les blessures infligées. Il frappait toujours plus fort fendant les crânes des Peaux vertes, se laissant aller à une fureur primitive. Personne ne semblait pouvoir mettre fin à ce carnage, les Dawis abattaient tous ceux qui se présentaient sous leurs haches.  
 
Grimm et ses compagnons entamèrent alors leurs chants de mort :
 
Baraz Drengi ! Baraz Drengi ! Baraz Drengi !, Grimm fut alors investi par l’ivresse de la guerre.
 
Ses yeux virèrent au rouge sang tandis que ses compagnons poursuivaient leurs funestes litanies.
Soudain , un groupe de Trolls beuglèrent en leurs direction.
 
« Enfin de vrais ennemis », se satisfaisait Grimm
« Grimnir, entends nos prières ! Chargez mes frères ! »
« Pour Grimnir !, hurlèrent les tueurs ».
 
Baraz Drengi ! Baraz Drengi ! Baraz Drengi ! Ce cri de guerre revenait sans cesse.
 
Et, comme un seul nain, ils se ruèrent sur les Trolls.
 
Grimm tomba nez à nez ou plutôt tête à genoux avec un hideux Troll. La créature surplombait son adversaire de dix bonnes têtes, mais l’inflexible et robuste nain avait conscience de la légendaire stupidité des Trolls. Le Tueur lui taillada violemment les chairs.
La créature reçu les coups sans broncher mais des plaies béantes se creusèrent et le sang coulait abondamment.
 
Cela n’eut pas l’air de le gêner outre mesure et il fut même prit d’euphorie, un filet de bave dégoulinant sur son torse musclé, il affichait un air débile.
 
Baraz Drengi ! Baraz Drengi ! Baraz Drengi ! le ton montait.
 
Le Troll répondit par un maladroit coup de massue que le fils de Grimnir évita habilement avant de sauter en l’air et d’asséner un puissant coup de hache à son opposant.
 
Baraz Drengi ! Grimm ne pensait plus qu’à cela.
 
Le Troll s’affaissa, mais le psychopathe torse nu ne s’arrêta pas là et sectionna la jambe gauche de la créature. Grimm affichait un sourire satisfait mais à son grand désarroi, il vit les plaies de son adversaire se refermer !  
Grimm se remémora alors que les Trolls avaient la faculté de régénération !  
Décidant de mettre un terme à cela, il empoigna son arme à deux mains et l’abattit de sa titanesque force sur l’amas de chair.
« Crève, abomination ! »
C’en était fini de la régénération du Troll. Grimm se redressa et essuya sa hache d’un revers de lame sur la rugueuse peaux de la bête difforme.
Autour de lui, le tumulte des combats résonnait aux oreilles du Tueur, et ses nains se battaient vaillamment .
 
Baraz Drengi ! Baraz Drengi ! Baraz Drengi !
 
A peine eut il eu le temps de reprendre ses esprits qu’une demi-douzaine d’Orques étaient sur lui. Mais pour Grimm, ce n’était que des formalités et en quelques coups de hache, l’affaire fut entendue.
 
 
 
 
Le soleil se couchait, la journée touchait à sa fin et les derniers Orques et Gobelins détalèrent devant la fureur de Grimm et ses confrères.  
 
Baraz Drengi ! Baraz Drengi ! Baraz Drengi !
 
Aujourd’hui, Grimnir n’avait pas entendu leurs prières.
 
Nehieth-Grimm


Message édité par Grimm le 03-07-2007 à 12:46:05

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Entre l'arbre et l'écorce, prend garde a l'elfe !
 
Administrateur de Karak Draka : Grimm - seigneur nain
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n°176
Iswaran
Seigneur Forestier d'Athel Loren
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Posté le 03-07-2007 à 18:49:14  
answer
 

Bonjour à tous!
Voici mes participations aux concours, un texte pour chaque "race" (ES et Nains). Comme Nehieth je suis sur deux forum différents, Athel Loren et karak draka. Je suis Iswaran et aussi Thormin... ^^
 
Bien qu'un des titres n'est pas en rapport avec "résistance", le texte l'est^^.
 

Citation :

Illusions
***
La guerre fait rage.
Le monde attend sa fin.  
Le Chaos a corrompu les Terres de Tilée. Il s’apprête à prendre la plus grande forêt du Vieux Monde, où la nature règne avec toute sa puissance, la forêt qu’aucun être vivant n’a réussi à contrôler, la forêt sur laquelle repose tout l’espoir des peuples soumis.
Cette forêt légendaire n’est autre que la forêt d’Athel Loren, berceau de l’Illusion et de la Magie, l’immense royaume des Elfes Sylvains.  
La guerre fait rage.
***

 
Le Démon Exalté, élu de Khorne, dieu du sang et de la guerre, avançait lentement mais sûrement contre l’orée de ce lieu étrange, d’où les vents magiques émanent. Il allait faire ce que nul n’avait réussi à faire, pas même le grand Cyanathair lui-même. Il allait s’emparer de cette maudite forêt. Il allait prendre Athel Loren, et de ce fait asservir la race des Elfes, et contrôler tous les peuples du Vieux Monde, jusqu’aux terres désertiques d’Arabie.
 
Avec une confiance inébranlable, il pénétra avec ses guerriers à l’intérieur des bois, au prix d’immenses pertes. Qu’importe. Pour le dieu Khorne, tous les sacrifices étaient nécessaires, et il le savait. Tous le savaient. Seule la vie du Démon importait, et il en avait conscience. C’est pourquoi il devait réussir, plus aucune erreur n’était possible. Il devait le faire. En pensant à tout cela, il avançait inexorablement au milieu des ronces et des racines, bravant les dangers et les sortilèges, ayant pour but d’arriver devant le fameux Chêne des Âges, le cœur même du royaume Sylvestre.
 
Le moment arriva où la végétation les enlaça. Ils avaient beau être à quelques pas du tumulte de la guerre, aucun son ne leur parvint. Ils étaient isolés de tout bruit, trompés par l’Illusion des mages Elfiques. La confiance du Démon tint bon.
 
Ils avancèrent jusqu’à atteindre une clairière : là, le silence se brisa pour laisser place à de magnifiques chants mélodieux, de douces mélodies murmurées par les Farfadets, ces étranges fées des bois. Tout était d’une beauté inégalable, mais trompeuse. Le Démon, conscient du danger qui lui arriverait s’il suivait ce chant, avança droit devant lui.
 
Ils marchèrent longtemps sur les sentiers tortueux, quelques guerriers furent encore happés par les arbres. Le Démon ne cilla pas.
 
Puis la mortelle compagnie aboutit dans une nouvelle clairière, mais celle-ci semblait familière aux yeux du Démon. Tout à coup, il comprit : cette clairière n’était autre que celle dans laquelle ils avaient pénétré quelque temps auparavant. La Magie commençait à faire effet, mais le Démon tint espoir : ses pouvoirs démoniaques viendraient à bout de n’importe quelle magie, si puissante soit-elle. Croyait-il. Sa confiance un peu réduite, il ordonna de prendre une nouvelle direction, au nord-est.
 
Le même événement se produisit plusieurs fois. Le Démon, que la confiance avait quitté, se retourna, agacé.
 
Personne.
 
La forêt avait pris ce qui lui restait de troupes, il était seul. Seul au beau milieu d’un environnement hostile, qui lui donnait l’impression d’être épié. Un instant, le Démon se sentit perdu. Puis il se reprit : n’était-il pas le favori de Khorne ? Le Champion du Chaos ?
 
Résolu, il avança encore une fois dans les sentiers.  
 
Une dernière fois.
 
Il revint à la clairière, comme attendu, et tomba à genoux sur l’herbe : une Magie était à l’œuvre, une très puissante Magie. Une Magie qui surpassait même ses pouvoirs, récompenses de son dieu. Petit à petit, un son inonda la clairière :
 
-Thenayron, Suinte.
 
Ses forces le quittèrent. Jamais il n’avait été vaincu de la sorte. Mais la Magie seule ne l’avait pas affaibli : l’illusion d’Athel Loren avait fait son œuvre. Cinq cents années avaient passé, et pourtant il savait que le soleil qu’il voyait briller au loin était le même soleil qui brillait il y a deux cinq ans. Doucement, il se coucha. Il était piégé par la forêt. Il avait beau être l’élu du Chaos, la forêt avait joué avec lui, faisant fit de ses pouvoirs. Même sa Magie n’était pas de taille à affronter les mages Elfes, comprit il horrifié. Il comprit aussi alors qu’Athel Loren était indestructible, qu’aucun esprit vivant ne parviendrait à la corrompre. Il ferma les yeux, sombrant dans le Royaume des Morts, le sommeil éternel. Tout ça à cause d’une Illusion...
 
 
Fin


 
Et le deuxième:

Citation :

Résistance au Karak
***
Nous sommes en 1718, date du Calendrier Impérial.  
La forteresse naine de Karak Norn, située au Sud-Ouest d’Athel Loren, le royaume des Elfes Sylvains, est attaquée par les hordes d’Orques et de Gobelins qui pullulent partout dans le Vieux Monde...
***

 
C’était le 4ème jour de siège. Le 4ème jour de résistance. Le Karak, attaqué depuis l’Ouest, tenait tant bien que mal face aux assauts répétés des Orques et de leurs funestes cousins. Ces derniers avaient même découvert les tunnels miniers, creusés en un labyrinthe sous la forteresse, et trouveraient tôt ou tard un moyen d’infiltrer le royaume des Nains. Mais pour l’heure, le Thane Grim Barbe de Gromril jugeait ce détail peu alarmant. Juché sur son trône, il étudiait minutieusement la stratégie à adopter pour se libérer de cette menace. Non pas parce que leurs effectifs diminuaient, mais le manque de bière commençait à se faire sentir, leur principal ingrédient se trouvant hors de la forteresse. Et des Nains sans bière sont des Nains morts, chacun le sais.
 
Au dehors, l’ambiance était plus animée : les balles d’Arquebuses et les carreaux d’Arbalètes fusaient dans tous les sens ; les canons étaient remplis jusqu’à la gueule et projetaient tout leur contenu sur un nombre incalculable de Gobelins ; et les guerriers, aidés des Brise-fer, s’efforçaient de maintenir et repousser les charges visant à entrer dans le Karak. Mais les rangs des Peaux-Vertes ne semblaient pas diminuer, malgré toutes les attaques. Pour un Gobelin tué, trois autres prenaient sa place. Toute cette résistance était déjà éprouvante, mais les Nains savaient qu’elle n’était que peu de choses par rapport à la guerre qui se préparait.
 
 
Puis vint le 5ème jour de siège. La bière commençait cruellement à manquer. Cela compliquait beaucoup de choses, car les Nains, en général, ne supportent pas l’idée de s’abreuver d’autre chose que de la bière. Étrangement, les charges des Orques se faisaient moins fréquentes, cette tranquillité inquiétait Grim au plus au point. Que pouvaient-ils bien manigancer ?  
Mais la forteresse n’était pas au repos pour autant : les Mineurs eurent fort à faire aux sous-sols, pour repousser les vils Gobelins de la Nuit s’étant introduits dans les tunnels. Même les Brise-fer durent intervenir, car les Gobelins de la Nuit spécialement haïssaient les Nains au plus haut point, ce qui rendait le combat encore plus grand. La journée se poursuivait ainsi, la fatigue de combattre se reflétant dans tous les yeux. Mais le pire était à venir...
 
 
C’est le 6ème jour que la sentence tomba : les vigiles indiquèrent qu’une immense armée d’Orques et de Gobelins s’avançait à l’horizon. Sûrement les renforts. La peur gagnait tous les cœurs, ainsi que l’amertume : le Karak comptait aujourd’hui ses deux cents mort. Bien que les Peaux-Vertes en comptaient le triple, leur horde ne semblait pas décroître. La résistance diminuait à vue d’œil, tous les Nains étaient fatigués. Grim Barbe de Gromril avait envoyé des messagers en Athel Loren, mais il doutait de la venue des Elfes Sylvains.
 
Refusant de laisser son Karak aux Orques, il ordonna le renforcement de la porte et des murs avec des rochers et des planches. Il calcula le moment où les renforts des Orques devaient avoir atteint la forteresse. Il en vint à la conclusion que leur dernière bataille se déroulerait sûrement demain, à l’aube. En attendant, le Throng affûterait ses haches pendant la nuit. Les Marteliers, jusque là gardés « en réserve », ajustèrent leurs armures et vérifiaient la solidité de leurs marteaux. Ils seront demain les gardes du corps de Grim, se rendant au combat également.  
Les Marteliers sont des combattants hors pairs, mais même leur participation ne semblait pas redonner tout l’espoir. La tension était palpable. La résistance du Karak touchait à sa fin, l’ultime bataille approchait.
 
 
Puis ce fut l’aube du 7ème jour de siège. Une masse immense d’Orques et de Gobelins s’amassait autour de la forteresse, prête à en découdre. Les Nains ne semblaient avoir aucune chance de l’emporter, tellement ils étaient en sous nombre. Lentement, Grim passa en revue ses troupes, et finalement mis son casque sur la tête : il était décidé à tuer de l’Orque aujourd’hui, même si c’était la dernière chose qu’il devrait faire en ce monde.
Un silence de mort régnait sur le champ de bataille improvisé, interrompu de temps en temps par des grognements des Peaux-Vertes.  
 
Les Arquebusiers et Arbalétriers se mirent en position sur les remparts, et sur un signal de Grim, firent feu. Les premiers Peaux-Vertes tombèrent.
 
Puis tout se passa très vite : les portes s’ouvrirent, et les premiers guerriers s’élancèrent au dehors, en hurlant de rage, suivis des Mineurs qui n’avaient plus de soucis aux sous-sols. Le Throng se vida de ses habitant en même temps que sa fureur.  
Sur les remparts, les Arquebusiers firent de la place aux divers canons apprêtés spécialement en cas de telle bataille. Il y avait là des Canons à Flammes, des Canons Orgue ainsi qu’une dizaine de Balistes. Deux Catapultes avaient également trouvé place, et elles balançaient des rochers gravés de runes rancunières envers les immondes Orques.
Le champ de bataille fit bientôt place à un amoncellement de cadavres. Grim n’attendit plus et sonna la charge : accompagné de ses Marteliers, juché sur son bouclier royal porté par deux robustes guerriers, il s’élança au dehors et souffla dans un puissant cor, qui eut le don de redonner du courage aux troupes. Tel une machine à broyer, il faucha les rangs des Gobelins avec une facilité déconcertante. Puis il sauta à terre, et les Marteliers formèrent un cercle faisant face à tous les cotés. Les Gobelins furent arrêtés par le mur de boucliers, et aussitôt mis en pièces par les habiles guerriers des montagnes. Mais ce n’était que des Gobelins.
 
Bientôt se montra un autre danger, beaucoup plus grand cette fois : un Seigneur Orque, nommé Grung par les siens. Cette apparition fit fuir les Gobelins, et l’immense créature arriva au niveau des boucliers. Quelques Marteliers succombèrent à la peur, et furent promptement détruits. Puis Grim s’avança pour faire face à la créature, et ses guerriers comprirent : il était de son devoir d’affronter le général adverse, sans aide, quitte à y perdre la vie. Autour d’eux, les Gobelins arrêtèrent de se battre pour admirer leur chef en action.  
 
Grim leva son grand marteau et le fit s’abattre sur le bouclier de son ennemi. Le bouclier ne céda pas. Puis ce fut Grung qui frappa le torse de Grim, d’une force prodigieuse. Grâce à son armure de Gromril et ses diverses runes gravées, Grim ne ressentait que faiblement le coup. Le combat dura longtemps, les combattants étant tous les deux d’excellents guerriers.
 
Alentours, la fureur des Nains fut peu à peu repoussée par une masse énorme de Gobelins, qui venaient de partout. Les Brise-fer et les guerriers peinaient à tuer autour d’eux, car les Gobelins furent bientôt rejoins par des Orques, qui sont un autre type d’adversaire, plus résistant. Chaque coup porté était comme inutile, l’issue de la bataille semblait certaine. Quelques regards se tournèrent en direction de Grim, en recherche d’un quelconque soutient. Mais ce qu’ils virent n’arrangea pas les choses.
 
Grim était agenouillé à terre, parant difficilement les coups à l’aide de son bouclier. Grung beugla un coup, puis frappa le bouclier du Thane à grands coups de hache. Le bouclier vola en éclat. Grim était maintenant à la merci de l’Orque, et n’attendait que le coup de grâce.
 
Lentement, il ferma les yeux. Au moins il s’était vaillamment battu pour la liberté de Karak Norn, ainsi que ses guerriers. Il les entendait d’ailleurs, mais il savait qu’ils ne pourraient plus trouver la force de combattre sans leur général. Grim maudit la race des Orques, et espéra que sa perte serait vengée.
 
Puis, contre toute attente, il entendit un bruit de sabots. Ce n’était pas des sabots de sangliers non, c’était des sabots de chevaux. Il entendit aussi un horrible cri, puis le bruit d’une chute. Doucement, il ouvrit les yeux : son adversaire gisait mort à terre, des lances plein le poitrail. Il se releva, et ce qu’il vit le rempli de bonheur : les Elfes Sylvains avaient répondu à son appel. Mais par quel miracle ? Tant pis, ce que comptait c’était qu’ils ne perdraient pas, finalement.
 
 Il vit les archers cribler de flèches des Orques, et des lumières scintillantes fondre sur la masse des Gobelins. Il vit les fameux Cavaliers Sauvages de Kurnous faucher les rangs ennemis en hurlant, accompagnés par des Danseurs de Guerre furieux. La bataille était gagnée.
 
 
Quelques heures plus tard, il escorta les Elfes jusqu’à la sortie du Karak. L’ambiance était bon enfant.
-Vous êtes sûrs ?
-Oui. Sauf votre respect, nous préférons notre vin Elfique. Nous devons partir maintenant.
En montant sur son cheval, le Noble Elfe Sylvain ordonna aux troupes de retourner en Athel Loren. Avant qu’il ne se lance au galop, Grim voulut demander :
-Dites, pourquoi nous avez-vous aidé ?
L’Elfe se retourna.
-Eh bien, votre forteresse nous offre une protection contre les invasions de l’ouest, il en va donc de notre propre intérêt.
Puis il ajouta, en chuchotant :
-Et puis, écraser des Orques n’est pas pour me déplaire ! Aller, soyez sains et saufs, et vivez tranquillement.
Puis il disparut, emporté par son cheval.
 
Grim se retourna contre les siens :
-Bon mes chers, je pense que nous devrions fêter cela de la meilleure façon possible !
Un cri de joie parcouru l’assistance, et tout le monde s’en alla préparer le festin. Mais Grim restait encore contrarié :
-Comment peut-on refuser un festin de bière ? Je ne comprendrai jamais ces Elfes...
 
Fin


Un peu longt mais bon... Bonne journée!

n°177
skavenger
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Posté le 06-07-2007 à 15:03:12  
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avant tout voici un mémo que je me suis fais (si vous avez pas d'idée on sais jamais):
Idées concours 01 : « résistance »  
 
- Résistance sous forme de complot contre une forme d’autorité.
 
- Résistance d’un héros (style nain robuste et opiniâtre, style créature du chaos, géant,...)  
 
- Résistance d’une cité contre un envahisseur (siège).
 
- Résistance face à un poison.
 
- Résistance face aux ages, vieil homme, vieux guerrier, elfe, vampire, château.
 
- Résistance vampire face à la mort (ou a ses morts).
 
- Résistance d’une montagne (face à la puissance du canon à malfoudre,…)
 
- Résistance face à une maladie.
 
- Résistance face à une magie.
 
- Résistance face à la tentation (des dieux sombres etc…)
 
 
Voici mon premier texte (WHB) de participation:
 
                                                          La Proie du rongeur  
 
 Les quatre bêtes toujours à mes cotés reniflaient nerveusement. Mon ravisseur tirait la corde sans relâche mais avec enthousiasme. Il accélérait par saccade, ne laissant aucun répit à mes chevilles endolories. Elles ne purent se reposer qu’une fois arrivées à leur tanière. La roche bloquant et dissimulant l’entrée fut poussée dans un sinistre crissement, et nous entrâmes. Après plusieurs minutes de marche dans un boyau de la montagne, nous arrivâmes dans un élargissement dont la seule autre issue était un étroit couloir.  Le garde rejeta le lien qui nous unissait et me poussa contre la paroi sans plus de ménagement, voir moins. Je protestais d’un juron, et le rongeur m’encouragea à plus de docilité en dévoilant ses solides et proéminentes incisives. Les rats bipèdes sortirent de la chambre par là où il m’avait amené. Je n’essayais même pas de m’échapper, conscient qu’ils étaient restés à proximité.  
 La luminescence d’une Morrslieb inquisitrice m’avait guettée tout le long du trajet qui menait à l’antre et j’y avais vu un mauvais présage. Mais maintenant qu’elle avait été remplacée par une obscurité quasi-totale, je la regrettais. Mes yeux  commençaient à s’habituer, et je m’aperçu que je n’étais pas seul. En effet, trois autres hommes étaient allongés comme moi apparemment tous en vie. J’étais nerveux tremblait d’angoisse et de froid, et ce fut bien pire après que j’eus sursauté. J’avais entendu, venant de l’étroit couloir, une respiration glaireuse et laborieuse espacée par des bruits de sussions, qui se répercutait atrocement sur les parois de la caverne. Accompagnée de raclements de gorge de toussotements et autres crachotements, la respiration ne mourut qu’après une expiration semblable à celle que produisent les chats quant ils se sentent menacés.  
Un silence sépulcral naquit à sa suite et dura sembla-t-il une éternité. La douleur de mes blessures s’apaisait, tandis que l’engourdissement gagnait mes membres. Cela devait être dû à mon manque de stimuli  physique, diamétralement opposé à l’ébullition de mon esprit. Comment pourrais-je sortir ? Vais-je m’en sortir ? Tout cela avait été bien vite
 Je fus sorti de mes pensées et de ma torpeur, à l’arrivée d’un rat voûté et cacochyme. Il se saisit du cordage relié à un homme élancé, cela bien qu’il  fit  presque le double de la taille du rongeur.
Peu après, sortit une silhouette menue qui de toute évidence n’était pas (ou n’était plus) humaine. Je reconnus presque immédiatement le souffle râlant et visqueux qui m’avait donné un sursaut. Sa démarche était aussi malaisée que son haleine et elle m’évoquait une longue agonie
La peur contractait mon ventre et je vomis sur le sol rocheux, rendant l’endroit encore moins accueillant et respirable
 
 
 
 Le pas irrégulier du rat courbé se fit entendre de nouveau. Il ne dut quasiment pas se baisser pour attraper l’extrémité de mon entrave. J’étais bien décidé à ne pas me laisser emmener sans réagir et tirais sur la corde d’un coup sec. J’avais sous estimé la force du rat, car il tint bon et répliqua en sortant d’une cavité, une barre de fer couronnée d’une pince dotée de pointes. D’un geste vif il m’enserra le cou avec son arme, laissant ses pointes effilées s’enfoncer légèrement dans ma chaire. Il me traîna ainsi à travers le mince couloir puis le long de la « pièce » à la quelle le passage menait. Je me trouvais dans une grande cavité sans issue (hormis ledit couloir) creusée dans une roche froide et humide. On y avait disposé trois tables de pierre ainsi que nombre de cages qui bordaient la cellule. A l’intérieur s’agitaient de multiples et diverses créatures innommables. Le rat à pince me lança un regard sadique, avant de m’installer de force sur la table centrale. Je m’étalais sur la pierre glacée, mes entraves furent déliées et la pince relâcha son emprise. Je portais directement mes mains à ma gorge. Je n’eus pas véritablement le temps d’estimer la profondeur de mes plaies car mes poignets furent saisit par des pattes griffues et placées dans des menottes fixées sur la table de pierre, puis se fut le tour de mes chevilles et de mon cou. Les limites de la douleur infligée par la morsure du froid étaient de nouveau repoussées, le fer des menottes étant deux fois plus gelé que la roche sur la quelle j’étais installé.  
Le rat voûté fut pris d’une nouvelle quinte (devrais-je dire crise ?) de toux dolente. Puis, il puisa dans une  bourse accrochée à sa ceinture et en sortit un petit caillou vert coruscant. Il l’avala sans retenue et même avec un certain appétit. Tout en doutant de la fiabilité de son remède je tournais autant que je le pus ma tête en direction de l’homme mince qui avait été emmené avant moi. Il  était allongé à mon identique et ses gémissements tout comme le sang sur son visage ne me fit pas me sentir en sécurité. Un skaven plus vieux que le rongeur souffreteux (il  avait la fourrure grisonnante) s’éloigna de la table de son dernier souffre-douleur pour se diriger vers moi. Il se plaça devant une cage située entre nos deux plates-formes de pierre, sur la quelle reposait un plateau garni de nombreux outils. Je sus ainsi que le vieux rat était ce que l’on appelait il me semble, maître-mutant (ou peut être disait-on seigneur mutateur), c’est-à-dire qu’il modifiait les corps de ses sujets pour en faire des créatures pour la plus part du temps écervelé, dévouées à son clan.
 Il serra un objet métallique conique de la taille d’une phalange à l’aide d’une pince rouillée, et prit la parole.
 « Une chose utile est une chose qui peu mordre. » siffla t-il en dévoilant des dents d’acier plus pointues que des canines de loup avant de reprendre : « Tsss. Les choses-hommes ne savent pas mordre. Pas dangereux. ».
Sans que je voie, le rat courbé avait fait le tour de la table. Ses pattes griffues me tinrent la tête avec une force incroyable, tandis que le vieux rat approchait un étrange appareil métallique.
Il me le glissa dans la bouche et appuya sur un déclencheur. L’engin me força à écarter les mâchoires.  
Le rat pris le cône creux en métal et m’en couvrit douloureusement la canine supérieure droite, avant de faire de même pour la gauche et les inférieures.
- Voilà-voilà…Sralch donne-lui un fragment de malpierre. Dit le vieux rat à son subordonné.
- Oui maître-mutateur. Répondit la vermine.
Je le vis attraper la pierre couleur émeraude que son maître lui lança. Il mit sa patte sur ma bouche et dit « aller avale ça » tout en rangeant le bout de roche verte dans sa réserve personnelle.  
Une chose indicible émit un bruit baveux en rampant près de la table de pierre et j’eus un haut-le-cœur.
- Alors tu n’aime pas la malpierre ? Tant mieux ça fait effet…
Skralch eu un sourire malicieux mais l’autre ne s’en aperçut pas.
- Bien-bien. Retire-le. Enchaîne ses mains et met-le dans une cage le temps d’être près. Vite-vite.
Skralch s’exécuta. Et sans un mot je me laissais conduire à une petite geôle.  
- Allez entre là dedans. M’ordonna-t-il sans préambule. Voyant que j’étais trop grand il me tassa à coup de pâte en ricanant.  
 
 
 
La cage était affreusement étroite, je n’avais même pas la place de bouger. J’étais assis, le dos voûté à l’extrême. On me laissa ainsi toute la nuit. Je ne pus dormir à cause des hurlements atroces des suppliciés restés sur la table de pierre et des cris inhumains des mutants. On ne me laissa pas me reposer non plus la journée du lendemain. Je reçus des coups de pic de métal lorsque la somnolence l’emportait sur inconfort. On ne me laissa pas non plus soulager mes besoins naturels et je n’eus ni eau, ni nourriture.
 
 
 
Lors de ma deuxième nuit dans l’antre (du moins le crois-je, rien n’est certain sans lumière du jour), le rat râlant vint me cueillir dans ma cellule.
J’étais exténué, j’avais perdu du sang, et j’avais faim. J’avais peine à marcher tant j’étais courbaturé. Puis revint le froid mordant des menottes.
J’avais vraiment attendu l’instant ou l’on me sortirait de ma prison avec espoir, mais à présent, j’espérais seulement que tout se passerait aussi bien que la dernière fois. Je remarquais qu’il faisait moins froid. Peut être m’habituais-je ?
-Ah ! Encore un qui n’a pas su se retenir. Dit le vieux rat en grimaçant.  
En effet mes vêtements empestaient l’urine.
 
 

n°178
skavenger
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Posté le 06-07-2007 à 15:04:52  
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Il se retourna et remua quelque chose qui fit un bruit métallique. Je tendit l’oreille et perçut un crépitement. Les rats avaient allumé un feu! Cette pensée me réveilla. Il faisait décidément de plus en plus chaud.
On me fit attendre un long moment ainsi, n’ayant aucune idée de ce qui allait se passer, de ce que l’on allait me faire ni combien de temps.  
Enfin, le maître-mutateur réapparut dans mon champ de vision, une tige de fer chauffée à blanc dans une patte ganté. Il l’approcha de mon visage, lentement, alors que mon rythme cardiaque s’accélérait. La passa à gauche, puis à droite et recommença. Je pouvais sentir la chaleur intense dégagée par le métal. Le rongeur, après avoir scruté mes pupilles, éloigna la barre. Je fut soulagé…le temps d’un soupir.
 
 La bête arracha ma chemise d’un geste vif. Je perdis le contrôle de mon souffle. Le rat se mit derrière ma tête et je ne le vis pas. Lentement, la chaleur revint. Lentement, la tige rougeoyante avança au-dessus de moi. Son extrémité brûlât mon torse sans le toucher. Je vidais mes poumons afin d’éloigner mon corps du fer rougeoyant. Le rat du prendre cela pour un défi et laissât retomber le bout de la tige sur ma peau.  
 
 
 
 Je criais, puis hurlais à l’instar des torturés de cette nuit et de tout ceux qui tinrent la pierre de leur sang. Le monstre ne retirait pas sa tige, il laissait le supplice durer et mes larmes couler. Mon corps s’agitait avec violence. Cela dura interminablement, à moins que pour lui il ne ce ne dura que peu de temps ? Je transpirais abondamment.
Une fois la barre retirée, il pressa ma plaie d’une griffe sale et je lui suppliais d’arrêter.  
Il arrêta, ouvrit la menotte de mon cou et je fus moralement apaisé. Une nouvelle fausse joie en vérité, car il prit un couteau et fis ressaigner mes blessures au cou. Je poussais de nouveaux cris en tentant vainement de me dégager.
- Un peu plus de malpierre. Dit-il très naturellement.
Et il appela le rat souffreteux. Lorsque celui-ci me délia, je sentis une brise fraîche contre ma peau nue. Elle me fit oublier quelque peu la douleur et la fatigue… Je ne pus résister à la tentation.  
 
J’envoyais un coup de poing dans les incisives du rat cacochyme, et courus aussi rapidement que me le permettaient mes membres endoloris. Je traversais le mince couloir, arrivais dans la chambre ronde et pris le chemin par lequel on m’avait amené en sens inverse. Tout cela dans les couinements stridents de mes tortionnaires. Dans ma course j’entendis des pas précipités me suivre. Inquiet, je lançais un vif regard en arrière. Rien. Je courus encore le long du couloir qui m’avait mené à la chambre. Encore des bruits de pas. Je jetais un nouveau regard  par-dessus mon épaule. J’aperçus l’extrémité d’une pince à pointe au bout du couloir et cette vision raviva ma douleur au cou. Je courrais encore et toujours dans les courants d’air de la caverne. La cavité se terminait en coude. Je n’osai plus regarder en arrière. J’étais arrivé au coude, je tournais.
- Ah ! … Aïe !
J’avais percuté quelque chose de froid et dur qui m’avait projeté au sol.
Je secouais la tête et regarda. Un énorme rat bipède aussi mortifié que musclé se tenait devant moi.
Je criais d’effroi et dans un grognement il me saisit à la gorge. Il serra et me souleva. Du coin de l’œil je vis Scralch accourir. Je ne pouvais plus respirer, ma gorge saignait de ses multiples orifices et mes poumons étaient en feu. Je vis mon reflet hurler silencieusement dans l’armure de fer du rat mutilé et les ténèbres me prirent…
 
 
 
Le froid était intense ! J’étais suspendu par les bras, dos collé à la paroi et l’on m’avait jeté une eau glacée et croupie sur le corps.  Mes chaînes cliquetèrent et j’ouvris les yeux. Scralch était devant moi, un sceau à la main. Il me le jeta au visage, mon nez en pris un coup me forçant à reverser des larmes.
Je voulus le repousser du pied, mais je m’aperçus que bien que mes jambes flottent dans le vide, elles étaient retenues par de lourds boulets. Le rat eu un rire mauvais.
Il m’assainit un coup de bâton, puis un autre, puis un autre, puis un autre, puis un autre, et un autre en disant « il ne faut pas que je te tue, le maître à besoin de chaire. C’est rare-rare la chaire pensante maintenant » et il ponctua sa phrase d’un ultime coup de gourdin.
- Lâche ! Le traitais-je.
- Tsss…Je suis un skaven, pas un bretonnien. Dit-il alors que ma vue devint plus nette.
- Tu veux savoir ce que sss’est un bretonnien-tonnien ? Tu veux en voir un ? Me demanda-t-il en me tenant fermement le menton.
- C’est ssa ! Dit-il en me tournant légèrement la tête dans la direction voulue et en désignant un endroit de la « pièce » avec ce que l’on pourrait qualifier de pouce.  
Je regarda malgré moi. Sur une cage où s’agitaient et bondissaient plusieurs rats déformés, était posée le crâne d’un homme en pleine putréfaction, au visage figé dans la terreur la plus totale, et au quel manquait de nombreuses dents, ainsi que des touffes de cheveux bruns et une oreille.
Le skaven pris la tête par les cheveux qui lui restait et l’éloigna de la cage, ce qui calma les parodies de rat enfermées.  
- C’est ssa ! Répéta-t-il en me la mettant sous le nez afin que son odeur immonde m’inonde.
- C’est ssa un héros ! Je détournais la tête devant celle rongée par les asticots. Son nez était déchiré et du sang avait caillé sur ses lèvres et aux commissures de sa bouche.
Il alla la reposer sur la cage, et pris une pince pendant que les vermines dégénérées s’agitaient furieusement.
A l’aide de la tenaille il arracha la langue du défint. Il l’agita devant moi en concluant « ssa fini comme sssa les héros » et il lâcha la langue faisandée dans la cage avant de s’en aller.
 
 
 
 Les rats bataillèrent longtemps pour obtenir le présent. Durant ce temps et au-delà, je séchais pitoyablement en frissonnant de tout mon être.
Puis, je vis arriver deux skavens. L’un me tint en respect avec une pince « brise-nuque » (comme ils disaient) tandis que l’autre m’hottait de la paroi. Cela ne présageait rien de bon.
On m’amena à l’éternel support de pierre et l’on m’y lia.
Le maître-mutateur était là. Le dos tourné.  
- Je n’aime pas, non-non, que l’on me désobéisse. Tu ne sortiras qu’altéré, pour te battre. Tu es moi souvient-t’en.  
Sur ces paroles, il se retourna, pattes gantées, barre de fer rouge tenu fermement au- dessus de sa tête.
Il l’abattit sur mon ventre à deux reprises et de toutes ses forces…
 
 
 
 Je m’éveillai dans ma cage, dans une position inconfortable. Je n’avais plus aucune notion du temps. On me laissait enfin prendre du repos, à moins que l’on ne me croie évanouit.
Malgré les hurlements des bestioles au tour de moi, je parvins à retrouver le sommeil.
 
 
 
On me réveilla d’un coup de patte dans ma cage. Une fois de plus une pince à piquants se referma sur ma gorge, et une fois de plus je fus allongé sur la table. Les deux rats étaient là.
Comme la fois précédente, le vieux rat gris examina mes blessures…au couteau.  
Il fit une allusion à mon escapade et entrepris de racler lentement les croûtes de mes brûlures. Deux sillons rectilignes saignèrent abondement sur mon tronc ; là où le rat avait abattu sa barre.
Scralch jeta une eau bouillante avec son sceau, pour que son maître puisse examiner clairement si je cicatrisais comme il le voulait. En plus de ces tortures, mes cordes vocales me brûlaient à force d’émettre mes cris.
- Augmente la dose. Ordonna-t-il au sous-fifre.
Scralch emmena le faible corps que j’étais à sa cellule. Il ne m’amena aucune dose de quoi que ce soit…
 
 
 
 Un trop court temps après, les rats répétèrent le scénario précédent, puis me ramenèrent à ma prison. L’état de mes vêtements s’était empiré. Tout au long de ma captivité, aucun de mes sens n’avait été épargné, mais si l’on contait mon nouveau vomissement, ils étaient tous agressés en cet instant.
Je n’avais toujours rein mangé et mon ventre grognaient douloureusement. Certes ma peur diminuait, mais je sentais ma volonté la suivre, accompagné de mes espoirs.
Soudain, tandis que mes mains liées grattaient mes plaies ventrales. Quelque chose toucha le sommet de mon crâne. Une chose minuscule et fraîche. Je tâta la chose de mes avants-bras et l’un d’eux fut mouillé.
De l’eau ! De l’eau me tombait dessus !  Je levais la tête et reçut une goutte sur le front.
 Il devait pleuvoir dehors et la cavité laissait tomber de plus en plus de gouttelettes. En s’écrasant sur le sol de pierre, elle émettait un bruit que l’écho répétait joyeusement. J’ouvrit la bouche et pu me désaltérer très lentement en récupérant les gouttes sur ma langue sèche et parcheminée. Je n’arrêtai que lorsque mon torticolis et les muscles de ma mâchoire furent trop douloureux.
 Je vis que l’être d’en face (que j’avais évité du regard comme tous mes voisins) faisait de même.
Je fut dégoutter et effrayé par son aspect. C’était un homme dont les vêtements étaient des haillons, au crâne couturé et aux nombreuses entailles et cicatrises. Il lui manquait deux dents et pocédait des protecteurs pareils aux miens, mais en plus grands nombres. Il avait des veines violet-foncé saillante et le teint jaune.  Une plaie depuis laquelle pendait un lambeau de peau, et par laquelle on pouvait voir une chaire à vif parsemée de petites pustules, était visible sur sa joue. Pour finir le désastre, un trou béant aux contours déchirés et enflés d’où coulait du pus, remplaçait son globe oculaire gauche.
En voyant sa stature, je m’aperçus avec horreur qui s’agissait de l’homme élancé qui m’avait précédé à mon arrivé. Je frissonnais des pieds à la tête en pensant que je pourrais subir le même sort.
 
 
 
 Le jour suivant, mon ventre me torturait à son tour, expulsant la douleur infligée par les skavens. Mes gencives saignait et le sang dans ma bouche, allié aux odeurs nauséabondes, me fit rendre tripes et boyaux jusqu’à ne faire subir à mon estomac vide, que des contractions improductives. Le relent était plus fort encore, mais ma faim me taraudait tellement, que je parvenais à l’oublier.
On ramena mon voisin mutant dans sa cage avec maints gémissements. Il me lança un regard globuleux désespéré, et je pu constater que sa lèvre inférieur avait été sectionnée aux extrémités de deux pouces vers le bas, dévoilant deux nouvelles dents manquantes. Il s’empressa de remettre, en vain, sa lèvre pendante sur ses dents et je compris par ce simple geste qu’il perdait un peu plus de son humanité…
 
 
 
 Scralch revint de son pas claudiquant. Il semblait plus nerveux qu’à l’accoutumée. Il  me tira frénétiquement de mon insalubre et pestilentielle cellule en me molestant iniquement.
Je me laissais remettre sur la table sans résistance, après m’y être traîné faiblement et docilement sous les feulements du rat à la toux laborieuse.  
Le maître-mutateur m'étudia d’un air mécontent.  
Que se passait-il ? Avais-ce un rapport avec les chuchotements et les grognements de cette nuit ?
 En effet la nuit dernière, alors que mon appétit m’avait tiré de mes chaumards, j’avais ouïe une faible discussion :
- Ils ont attaqué-taqué maître. Ils sont dans les galeries. Avait dit Scralch.
- Par le rat cornu ! Nous ne sommes pas près-pas près ! S’était interloqué son supérieur.
- Les esclaves les retiennent et les rats des clans attendent leur tour maître… Et…Le Prêtre gris veut vous voir.

n°179
skavenger
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Posté le 06-07-2007 à 15:07:47  
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- Malpierres ! Pousse-toi. Avait juré le vieux rat. Puis une fois l’autre éloigné Scralch avait ricané.
 Le maître-mutateur me fixa comme s’il avait entendu mes pensés. Il jeta un nouveau regard à mon ventre d’un air irrité, puis il sortit une de ses pierres verdâtres et me la mis devant la bouche. Bien que ma faim fût énorme, je détournai la tête de l’immondice minérale. Cela n’apaiserait pas ma faim mais causerait sûrement maux et empoisonnement.
- Tu refuses de la malpierre ? Mais pourquoi est tu aussi résistant ?! S’énerva-t-il. Il frappa mon abdomen pour soulager sa colère. J’en eu le souffle coupé.
- Scralch ramène cette loque-loque ! Et donne-lui le double de malpierre t’occupe pas de la réserve !
Et donne lui bien tout ! Cracha le vieux maître.
- Mais maître je vous jure-ju…
- Vite-vite Scralch ! Je veux beaucoup-beaucoup de créatures avant que les pestilents ne profitent de l’attaque des choses-mortes !
- Oui maître. Oui maître. Gémit le rat boiteux.
Il fallait que je profite de la confusion. Ils se faisaient attaquer et Scralch craignait que son maître découvre ma privation de « malpierre ».
 
 
 
 Le skaven râlant traînait le faible humain que j’étais vers sa cage, lorsque je fit prendre fin à ma comédie. Galvanisé par l’élan d’air pur qui me parvenait de l’entrée et par le retour de l’espoir, j’envoyais un coup de coude dans les côtes du rat penché sur sa longue pince. Même si j’avais exagéré mon asthénie, je restais un jeune homme aux muscles atrophiés. Ma frappe fit basculer Scralch qui s’écrasa contre une cage mais celui-ci pus se remettre sur patte en peu de temps. Ce temps je l’avais employé à courir. J’étais tout près de l’arche du couloir quand je fus tiré puissamment en arrière.
- Ca fait deux fois Scralch, sale incapable ! Cria le rongeur âgé. Scralch resta coi.
L’ancien me remis debout en me tenant par le cou, et ne me lâcha que pour m’offrir un revers de patte calquant sur la joue. Il leva une seconde fois le bras, mais je ne lui laissai pas aboutir son geste. Je sautais sur le membre levé et enfonçais mes canines métalliques dans coude de la bête malgré la répulsion que cela m’inspirait. Le skaven poussa un cri et tenta de se dégager.
- Aide-moi rat galeux ! Appelât-il.
Je reçut un choc à l’échine et libéra ma prise. Le vieux skaven me fusilla du regard en regrettant amèrement de m’avoir donné ma dentition acérée.
Dans un élan de rage, il saisit mon cou d’une patte, la peau distendue de mon ventre de l’autre, me souleva et me balança violemment sur l’un des hôtels rocheux.  
 
 
 
  La pierre m’ouvrit le crâne sous le choc et mon nez se brisa en libérant deux filets pourpres. Je me tournais sur le dos. Le sang qui avait dégouliné dans ma bouche, sur mon menton et mon torse, coulait à présent à l’intérieur de mes sinus. Toujours aussi furieux, le maître-mutateur s’approcha de moi, il mit brutalement ma main droite dans la menotte qui y était destinée.  
Il tira un long outil métallique du feu. Un tisonnier ? Ou peut être une barre ? Ca ressemblait à une pince brise-nuque. Il se tourna et l’objet m’apparu. Deux longs manches croisés en tenaille se terminant en une paire de lames rectangulaires. Des flammèches jaillirent des braises et leur reflet brillât sur le fer.
J’étais terrorisé.
- Nous allons voir sssi tu sera aussi insssolent avec une main en moins. Peut être qu’avec un bloc de malpierre dans le moignon, tu te décideras à muter.  
- NON ! Att…  
Je n’eu pas le temps de me défendre. L’énorme cisaille se referma trop lentement avec grincement d’outil rouillé. Je sentis les lames couper ma peau, puis mes tendons, puis mes muscles.  
- AAAAAAAAAAAAAAAAH !
La douleur était atroce.
Le fer coinça au niveau de l’os du poignet. Le rat voulu le dégager et donna des coups et des rotations. Mon bras se débattait dans la menotte avec force. Le rat ouvrit les lames pour prendre de l’élan. Et tout finit.
Le claquement métallique de l’outil retentit dans la caverne. Ma main tomba au sol, et moi dans les pâmes.  
 
 
 
Réveil lent. Sans doute c’était-il passé quelques heures depuis mon amputation. Mais de toute manière cette appréciation n’était d’aucune valeur. La douleur affreuse qui me dévorait le bras semblait s’atténuer. Je ne pouvais me résoudre à regarder mon moignon. Je n’osais même pas ouvrir les yeux. Je les crispais fermement à cause de la douleur, la peur, la haine et le désespoir. Des larmes purent s’échapper et coulèrent longuement.  
Mon dos me faisait encore souffrir dans cette cage étroite. Dans une vaine tentative d’être plus à l’aise, je me déplaçais sur le côté. Je sentis un poids entre mes genoux bouger lors de mon mouvement.
Sous l’effet de la surprise mes paupières s’écartèrent. Dans une suite floue, un éclair lumineux emplit mes yeux, suivit de l’image de ma main absente et de mon avant-bras ensanglanté. Je clignait à plusieurs reprises et concentra mon regard brouillé vers mes genoux.. Ma main y reposait.
 
 
 
Plus d’une fois je songeais à défaire l’étroit bandage crasseux qui me faisait office de garrot, mais ça n’aurait qu’empiré les choses. La douleur se transféra peu à peu de mon membre supérieur au creux de mon estomac. J’étais plus qu’affamé. Je n’avais plus la force de bouger, plus celle de regarder le vide qui prolongeait mon  moignon maculé de sang séché. Fermer les yeux ne servait à rien car des images horribles n’avaient de cesse de s’y glisser pour infiltrer mon crâne, s’y terrer et hanter mes songes cauchemardesques. Fuyant mes mutilations insupportables au regard, je basculait la tête vers la voûte caverneuse, vers les autres cages, vers n’importe où. Mes yeux longèrent la forêt de barreaux, ses terreurs et ses abominations. Je me rendis compte que la cellule voisine contenait un homme recroquevillé. Je ne voyait de lui que son dos et l’arrière de sa tête. Néanmoins sa carrure et ses vêtements m’apprirent qu’il ne s’agissait pas du mutant qui s’y trouvait auparavant, mais d’un jeune impérial rural. Il pleurait, se lamentait et tremblait de peur et de froid. Depuis quand était-il là ?  
 
 
Shallya aide-moi. Shallya que j’ai mal, que j’ai faim. Pourquoi moi ? Pourquoi m’impose-t-on le supplice ?
J’avais envie de mourir. Là, sur place. Je me sentais abandonné dans mes souffrances, mon sang et ma fange. Je me sentais seul et à bout.
- Comment tu t’appel ? Dit une voix, étrangement humaine.
Je me retournais sur moi-même, sans un mot, vers la prison d’en face. La voix me faisait du bien de par son humanité. Parler à un homme, à un semblable, était réconfortant.
- Moi c’est William, et toi ? Reprit-il.
Sa chevelure brune et broussailleuse entourait un visage bronzé par de longues sorties. Un fils de paysan sans doute. Je devais être son aîné d’une demi-douzaine d’années tout au plus.
Ses yeux  aux pupilles bleu-gris étaient rouges et gonflés en bordure, humides et surtout remplis de crainte.
Il portait une blessure récente au front et se tenaient les côtes de droites.  
- Morrer. Luddwik Morrer. Répondis-je faiblement.
- Luddwik. Répéta le jeune homme.  T’es là depuis longtemps hein ?
Un couinement suraigu fut sa réponse. La porte d’une cage grinça puis deux autres, Scralch emmenait trois créatures difformes. La voix résonante du maître corrupteur fit comprendre que les monstrueuses et répugnantes expériences étaient prêtent à combattre. Le vieux rat semblait s’en réjouir avec impatience. Les troupes de son espèce semblaient gagner contre des pesteux. De moins en moins de monstres résidaient dans les geôles skaven.
- Pourquoi t’es là ? Je veux dire comment ? Moi ils m’ont chopés à l’entrée du passage. Je cherchais une brebis disparue. Et toi Luddwik ? Insista le paysan anxieux. Il avait besoin de  parler pour comprendre, se rassurer et garder sa raison.
-  Je suis un messager d’Aldebrand Luddenof. Dis-je sans conviction.
- Qui ?
- Aldebrand Luddenof, le conte électeur de mon Hochland.  
- Ah…C’était important le message ?
 Il paraissait presque s’en inquiéter et le fait qu’il utilise ce temps la n’avait rien de réconfortant.  
- C’était pour Gausser ? S’enquit-il.
Théodoric Gausser était le comte électeur du Norland. Probablement le seul que William connaisse.
- Ouais. Juste pour dire que des satanés lanciers Norlandais n’étaient pas venus. Je sais pourquoi maintenant.
J’en aurais ris si je n’étais pas aussi malheureux.  
- Qu’es qui leur est arrivé ? Qu’es-ce qu’on va nous faire ?
Je ne répondis pas. Je sentis son regard alors que je détournais le mien. Il le posa sur mon visage blême et creusé par la faim, sur mon torse et mes membres atrophiés puis sur mon bras. Je le vis du coin de l’œil baisser la tête. Il passa la langue sur ses dents et je compris qu’elles étaient ferrées.
 
 
 
La faim me tira des inéluctables tourments du sommeil. La fièvre m’avait gagnée et mon bras palpitait cuisamment. Ça avait été un miracle de ne pas être malade, infecté, ou muté jusque là. Au moins j’étais encore humain.  
Par Sigmar ! Je crevais de faim ! Je m’en mordais fortement les joues. Je me sentais vide du chef aux intestins. Ma vue hagarde me donnait des vertiges. Puis elle tomba sur ma main…
Celle qui m’avait quittée… Se n’était plus la mienne… C’était un membre mort…
 J’étais au bord de la transe. Non ! C’était un simple morceau de chair…oui… De la viande… De la viande encore fraîche…
L’appel animal me dominait. Appétit et fièvre me tenait. William dormait. Ma sénestre pris sa jumelle pour la livrer aux crocs métalliques de la bête que j’étais.
 
 
Le sang caillait aux commissures de mes lèvres lorsque l’on ramena William. Je m’essuyait la bouche et me tournait vers le nouveau. Il ne m’adressa la parole qu’en absence de Scralch. Du moins je le pris pour moi. Son regard s’égarait dans le néant.
- C’est horrible. Horrible. Il semblait gravement choqué et se balançait légèrement d’avant en arrière.
- Que…Quoi ? Aucune blessure n’était apparente à part une entaille visible par sa veste entre ouverte.
William me regarda droit dans les yeux.
- Ils m’ont fait attendre dans la cavité ronde. Je les ai vus. Tous enchaînés. Chuchota-t-il avec frénésie.
- Qui ?
Il fixa la paroi comme s’il les y voyait.
- Les villageois prisonniers. J’ai reconnu leurs visages. Je n’ai pas pus m’empêcher de les compter. Sept. Une femme et…Ô saint Sigmar…six enfants ! Chuchota-t-il si fort qu’il en couvrait les grognements des créatures résidant dans les cages et en crachait abondamment.
J’étais horrifié. J’avais moi-même vu, lors de ma halte au patelin, ces gamins qui jouaient gaiement. Ils m’avaient marqué car ils contrastaient étonnement avec leurs aïeuls à la mine basse. Alors que ces derniers ne s’exprimaient que par avertissements et terribles anecdotes, les jeunes semblaient enfermés dans une bulle protectrice d’insouciance et d’innocence.  
Un silence s’imposa dans l’air confiné de la caverne. Il plomba l'atmosphère déjà abondamment chargée en maléfices, en malveillance et en odeurs. Puanteur serait à vrai dire le mot exact. L’air véhiculait différentes émanations nauséabondes ; on pouvait sentir la peur, la mutation, le sang, la chaire roussie, les excréments, les urines et mes « propres » relents de crasses, de sueurs, et de vomissures.
- Ce sont des monstres. Lâcha William, le visage vide de toute expression.
Je m’efforçai de lui cacher la main écarlate décharnée et rongée qui reposait sur le sol de ma cellule.
 

n°180
skavenger
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Posté le 06-07-2007 à 15:10:52  
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Quelques temps après, les hurlements aigus et perçant d’une femme résonnèrent, puis se turent. Je ne su pas si les rats avaient perdu patience ou si elle n’avait supportée leur expériences, mais une chose était sure, elle ne crierait plus jamais.  
Contrairement à William qui n’avait pas mon endurance due à l’habitude, je parvins à m’endormir. L’absence d’images dans mes cauchemars n’eu rien de réconfortant. Les cris de la femme retentirent dans mon crâne durant une éternité et combinée à ma fièvre, ils trempèrent les barreaux contre lesquels je m’appuyais, de sueur froide.
Ce fut, pour changer, des appels au secourt qui me ramenèrent à la réalité. On tentait de faire muter un des enfants en le mutilant avec rage et en déposant sur ses plaies de la poudre de malepierre. Dans sa hâte le corrupteur n’avait pas mesuré la force de son geste et avait fait de la charpie. Inutile de préciser que le garçonnet n’était jamais parvenu à muter…
William en vomi.
*
 
Une dure « nuit » plus tard, on m’extirpa de ma cellule. Scralch qui n’avait pas oublié mes deux tentatives d’évasion, crut bon de  m’offrir un coup de patte dans l’estomac. Fort heureusement, mon appétit étant  ignoblement soulagé, mes douleurs gastriques avaient disparues.  
Je marchais tout de même avec difficulté. Migraines, trouble des reperds dû à la fièvre, regard nébuleux dû au manque de sommeil, atrophie des jambes.  Il m’aurait été fort mal aisé de fuir dans cet état. Lorsque je fus couché, mon premier sentiment fut que la table était humide. Non. Qu’elle était chaude. Je réalisait que je trempais et glissait dans le sang humain.
On me scella à la pierre. Mon moignon, ne pouvant être menotté, resta libre. De toute manière, j’avais tout juste la force de le bouger.
Le maître mutateur arriva d’une autre table. Des pleurs faibles m’en parvinrent. En tournant la tête je vit qu’un enfant en bas âge était attaché à la table. Son regard m’implorait, mais il me craignait je le savait. Il avait peur de se que j’étais, de ce qu’il pourrait être. Moi. Des mèches brunes collées par la sueur à son front masquaient partiellement une entaille, d’autres égratignures couvraient sa cage thoracique et la main que je pouvait voir avait deux doigt cassé et autant de phalange tranchées.
Mon bras libre fut serré dans un étau.
- Bien-bien chose-homme. Dit-il en relâchant sa prise. La poigne du skaven était incroyablement puissante.
Il se saisit d’un couteau à lame effilée. « Ô non… Sigmar, Shallya, gardez-moi. » Priais-je mentalement.
Scralch m’agrippa le bras fermement le bras. Lame s’enfonça dans mon pectoral gauche d’une lenteur inouï. Je me retins de bouger. Me débattre ne ferait qu’aggraver les choses.  
A une profondeur qui me parut être mon cœur, le rat arrêta lame. Il me parla comme pour laisser ma plaie se refermer.
- Tu me désobéis, tu saigne-saigne. Compris ?  
Je ne fis que prolonger mes cris étouffés, et serrer les dents plus que jamais.
- Pas me désobéhirrr ! Dit-il en faisant subir une rotation complète à la sa lame.
Le contrôle m’échappa. Mes dents se décoincèrent et mes cordes vocales vibrèrent avec tant de force qu’elles le purent. Je me débattis malgré moi, et ne fis enfoncer la lame. Le rat la retira sur le moment, puis une fois que je fut calmé, il la remit au même endroit. Plus je me débattrais plus cela durerait. Je suais sang et eau.
« Au moins elle n’est chauffée » me consolais-je. Le garçon gémissait de plus en plus fort.  
- Désobéhirrr. Siffla le rat gris.
Il tourna légèrement le tranchant dans la plaie et déchira des chaires, puis la pivota dans son angle initial, le tout dans mes hurlements.
- Désobéhirr ! Répéta-t-il avec une nouvelle impulsion. Je poussai un cri de douleur.
Il répéta paroles et geste trois fois encore, je l’accompagnais de mes exclamations dans une parodie sadique de chanson.
La lame sortie doucement. Le rat ne regarda jamais ma profonde plaie.
 
*
 
Lorsque je fus dans ma cage je me demanda pourquoi, avant que les souffrances auditives reprirent.
Les protestations éclatantes du garçon étaient insoutenables. Les pires interjections étaient celles qui mentionnaient les faits du rat. « Pitié pas mes yeux » me souleva le cœur et d’autres allusions me firent trembler des pieds à la tête
Longtemps après, j’entendis les rats parler. Le garçon ne poussait plus un son.
- Clan moulder va gagner maître…keuf,keuf.
- Pas si il a pas de bêtes.
- Ils sont pas fort-pas fort…
- Quoi ? Coupa le mutateur avec énervement
- Je veux dire pas nourri-nourri maître.
- Raison Scralch. Donne de la viande aux prisonniers.
- Crrr…Et aux jeunes chose-hommes ?
- Non pas eux. Pas des guerriers et trop fragiles.
- rrralor ?
- Les rat-géant aussi on faim.
Scralch ria en toussant.
*
 
Comme prévu on nous offrit, suite à une nuit de sommeil agitée, des pièces de viande crues.
- C’est immonde. Lança William.
- La viande crue ne te tuera pas. La faim si. Le sermonnaire.
- Enfin…tu te doutes bien que c’est pas du mouton ! Chuchota t’il depuis l’autre bout de la pièce.
- Si on ne la prend pas, ils nous la feront avaler de force.
- Alors  jetons-la.
- Où ?
William indiqua du pouce les monstres des cages proches qui dévoraient leur part.
J’acquiesçais. Nous passâmes une main à travers les barreaux et prirent notre morceau respectif.
Je le soulevais devant moi avec envie.
- Tu crois qu’ils l’on contaminée ? Demandais-je.
- Ils en sont bien capables.
- Je ne crois pas.
- C’est peut être du mutant !
-…
- Il y a du sang sur ton dos. Dit-il avec plus de méfiance que d’inquiétude.
- Ce n’est pas le mien. La table en était couverte…Ne t’inquiète pas, je suis pur. La fièvre me fait douter c’est tout. Dis-je en voyant son air perplexe.  
- Bien. Bon on y va ?
Il souleva la chair rouge à deux doigts avec un dégoût prononcé.
- Oui.
Nous jetâmes notre seule nourriture depuis Sigmar sait quand sur les cellules environnantes.  
 
*
 
William dormait. J’avais mauvaise conscience pour mon mensonge et…
Oui je lui avais mentit. La fièvre m’avait quittée mais la faim était de retour, hélée par les maux de têtes.
De plus je n’avais pas pu me retenir et avais trahit sa confiance.
Je sortit la petite part de chair écarlate de ma poche et la mâcha lentement et par morceaux.  
Tout au long  je m’efforça de ne pas penser à la femme et pria pour qu’il ne s’agisse pas de l’enfant. Ses yeux implorant allaient me tourmenter de nombreuses nuits…
 
*
 
 A mon réveil William était absent. Il revint plus tard en la mauvaise compagnie de Scralch. A l’instant même où ce dernier partit, j’interrogeais le jeune homme.  
- Des nouvelles ? Que c’est-il passé ?
Il ne répondit pas tout de suite.
- Il est énervé.
- Le maître-mutateur ?
- Quoi ?
- Euh…le gris ?
- Ouais. Y a un truc qui ne va pas. Je sais pas se que j’ai fait mais ça lui à pas plu. S’inquiétât-il.
Je remarquât de fines blessures sous ses vêtements déchirés et des taches de sang sur ces derniers.
- Se n’est pas se que tu as fait, c’est ce que tu n’a pas fait.
- Comment ça ?  
- Le rat qui t’a amené, Scralch, ne te donne pas ce qu’il devrait. Chuchotais-je
- Je n’y comprends rien. En quoi ça me concerne ?
- Scralch là, il garde pour lui la roche qui fait devenir comme eux. Dis-je en montrant les mutants.  
- Je le sais parce qu’il fait pareille avec moi. Ajoutais-je.
- C’est ça qui les rend impures ?
- Oui.
- Ouf. On peut dire qu’on a un sacré pot. Il frissonna.  
- Prions Sigmar que sa dure. Si Le gris s’en rend compte, on est pire que mort.
William souffla se qui ressemblait à « pourquoi moi ? »
 
La griffe crissant sur la pierre humide se fit ouïr, mais pas du pas claudiquant qui caractérisait Scralch. Le maître-mutateur en personne vint me chercher. Il me sortit de la cellule après avoir ramené un mutant que je me refusais à regarder. Les skavens devaient être débordés. Que se préparait-il ?
Une chose me troublait, on ne parlait plus des ennemis contre lesquels les rats s’étaient battus.
La bataille était-elle terminée ? Qui en était sortit victorieux ?
Ca m’aurait été égal en d’autre temps, mais ma complicité avec William m’avait redonnée espoir.  
On me traîna à la pince brise-nuque afin de me rappeler les douleurs que cela pouvait engendrer, si bien que je fus réduit à l’impuissance. Il m’attacha. Scralch était absent.
Le rat gris considéra mon amputation. Il parut satisfait, à un point qui me fit froid dans le dos.
Scralch boita vers son maître, une chaîne dans chaque main.  
- Krrh… Que dois-je faire, des jeunes choses-hommes ?
Le maître avait eu le temps de me retirer l’entrave au cou et je pus voir deux enfants terrifiés enchaînés par un collier.
- J’ai déjà dit Scralch. Les rats géants.
- Sss…non…maître, vous aviez dit… de coté-coté et plus tard.
- Ah, oui. Ceux là.  
Il se tourna vers eux.
- Dommage-dommage. Seraient bonnes choses pour expérience…Mais meilleur-meilleur entre les dents. Il toucha la joue de l’un d’eux et ria.
Le plus jeune des garçons pleurait en silence, le second semblait au-delà des larmes et de la terreur. Tous deux tremblaient comme des feuilles.
- Pour-tout-à-l’heure. Vite-vite Scralch, l’autre chose-homme.
Tandis que son maître clouait les liens des gamins au mur, le rat égrotant m’emmena. La pièce tapissée de lourdes cages m’était désormais familière et je m’attendais à être mené dans le fond comme d’accoutumée, mais Scralch s’arrêta devant une cellule vide proche.  
- Tu sssera ici. Choses-hommes parleront plus.
 
*

n°181
skavenger
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Posté le 06-07-2007 à 15:12:03  
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C’est après m’être installé dans cette nouvelle et plus large prison, que je compris. Les rats nous avaient entendu comploter et ne tenaient pas à ce que cela se reproduise. Logique quant on voulait nous retirer toute humanité. La cage était plus confortable, mais je ne pourrais sûrement pas en profiter pour me reposer. Si la vue et la proximité des tables de tortures ne suffisaient pas à m’en empêcher, mon voisin le ferait.
Je n’avais pas pu me retenir de l’observer, et ce qu’il en était découlé était plus du dégoût que de la peur. Le mutant avait une morphologie presque totalement humaine, mais ses genoux pliaient dans le mauvais sens, ses côtes étaient plus que saillantes, son ventre était gonflé, et de la fourrure brune allait par touffes sur ses flancs, ses épaules et son dos. Il me toisa comme une proie de ses yeux jaune verdâtre et fit claquer ses deux langues entre ses dents de fer rouillées.  
Je priais encore pour ne pas avoir à subir un sort semblable. Puis, je me souvint de l’air ravit du vieux rat. En prenant sur moi, je me forçais à poser le regard sur ma plaie. Je fus figé de terreur. Au-delà du bandage crasseux et taché de sang, un cercle croûteux apparaissait. Au niveau des veines du pus exsudait. J’avais une infection, mais pire n’était pas là. Au centre de la plaie suintante, de l’os avait été retiré sans ménagement et au fond de la crevasse écarlate, une gemme verte luisait dernière une couche de peau purulente. La vision du rat-ogre qui m’avait stoppé dans ma fuite me revint.  
Sa main était remplacée par une lame dont le manche s’enfonçait dans l’avant bras. Me rappelais-je.  
Le visage tuméfié de mon voisin me visait.
-Je suis plus pure. Me dis-je.
 
*
 
William passa bientôt devant moi. Nous échangeâmes un regard mais aucun mot.
Je fermais les yeux pour ne pas avoir à subir ses supplices.  
Tôt subséquemment, j’entendis le corrupteur entrer dans une de ses colères. Il s’était rendu compte que le corps de William n’avait pas muté. J’entrouvris les paupières.  
Il lui donna un violent coup de patte sur la cage thoracique et l’entailla d’une griffe, puis commença à le détacher. William n’était plus retenu que part la cheville et le poignet droit, lorsque le rat s’interrompit. Pourquoi ? Je quittais du regard mon égal pour le jeter sur son bourreau. Le rongeur me fixait avec réflexion et mes yeux furent clos après cette vision.
- Non-non, pas attendre, toi aussi tu va perdre ta main !
La respiration du jeune homme s’accéléra.
- Attendez ! On ne m’ a rien donné ! Implora-t-il.
Il avait eu le temps je n’avais pas eu. J’avais essayé de parler…tout cela n’avait plus d’importance. J’étais impure et la pierre était trop incrustée dans mon membre.
- Quoi ?!
- Coupez-lui la main maître krr…
- La ferme Scralch ! Répète-répète chose-homme !
- Je ne suis pas mutant parce qu’il ne m’a jamais rien apporté. Expliqua William dans un souffle.
- Scralch ! Vermine puante !!
J’avais ouvert les paupières et voyais à présent le maître corrupteur tirer sur la sacoche de cuir de son auxiliaire. Le sac se déchira et envoya voler une pluie de roches mutagènes qui retomba dans moult rebondissements et résonances sur la roche gelée de la grotte.
Le maître pris son second à la gorge, puis grogna fortement. Se n’était pas un grognement de haine si l’on oyait avec attention, du moins pas totalement. Les rats se séparèrent, le supérieur tombât sur le dos, un couteau dans le sternum. Dans un ultime souffle, il appela son garde. Le « rat-ogre » (comme ils l’appelaient) qui n’était d’autre que mon étrangleur, ne vint pas.
- Krkrch… Pas la peine. Les Moulders se préparent… Chose-mortes arrivent… kheuf… Pas le temps de te venger. Dit-il en ramassant un maximum de pierres vertes avant de s’enfuir par le tunnel.
 
Les prisonniers s’agitaient, beuglaient, sautaient dans leur cage et la secouait. Le vacarme allait alerter les skavens, à moins que Scralch ait raison ou qu’il leur règle leur compte lui-même. Mais il n’y avait pas un instant à perdre, nous étions trop près du but, l’occasion était trop belle. C’était un miracle, la réponse à nos prières.
- William dépêche-toi !
Il força avec sa main libre sur le verrou oxydé de sa cheville, et parvint à le faire sauter. Il voulut faire de même avec la menotte de son poignet, en vain.
- C’est trop rouillé, je peux pas, c’est bloqué !
- Du calme. Prend un outil.
- Il tenta de descendre mais l’angle qu’était en train de former son bras était trop douloureux et l’en empêcha. Il essaya alors d’atteindre la cisaille sur la forge.
- Je peux pas c’est trop loin.
L’excitation ambiante rendait les mutants presque fous et celui de la cage adjacente à la mienne, tendait les bras pour m’attraper.
Mes yeux vifs voyagèrent à travers toute la salle, pendant que gardais mon quant-à-moi avec le voisinage. Quelque chose brillait.
- Le couteau, William. Le couteau dans le rat, vite !
Le jeune s’étira tant qu’il le pu et proféra un juron.
- Trop loin…Toi. Viens, passe-moi le couteau.
- Quoi ? M’interloquais-je.
Je perçus le cliquetis de mailles qui s’entrechoquaient et de faibles gémissements. Les enfants enchaînés étaient non loin du cadavre puant.
- Fais ce qu’il dit ou on est mort ! Criais-je par-dessus le brouhaha des expériences en agrippant mes barreaux.
Le plus âgé des garçons pris son courage à deux mains et je le vis agripper, puis sortir le couteau dans une gerbe de sang qui le fit tressaillir. Dans la nervosité il jeta la lame au sol.
William ne se permit pas le temps de jurer et tendit le bras à s’en déchirer les muscles.
Une fois en main, il donna des coups frénétiques sur le verrou.
Le moment suivant, je le vis debout sur la table. Il sauta au sol, fit quelques pas et disparut.
- WILLIAM ! Ne me laisse pas ! Qu’es que tu fous ?!
Un silence atroce s’imposa.
- T’inquiète, je t’oublie pas.  
Il s’était baissé pour prendre une épaisse tenaille, avec laquelle il essayait à présent d’arracher le clou qui retenait les chaînes au mur. Il donna des saccades successives avant de tenter une autre approche. Posant son pied sur la paroi, il pris appui et retira le fer de la pierre en y mettant tout son poids.
- William. L’appelais-je.
Je craignais vraiment qui me laissa à mon sort. Pourvu qu’il ne sache pas pour mon bras.
- J’arrive. Lança t’il.
Il courut à ma cellule, frappa sur le système de fermeture avec la tenaille et retira les chaînes maintenaient la porte fermée.
- Merci. Envoyais-je en lui donnant une tape sur l’épaule.
Je fis deux pas.
- Et eux ?
Je me retournais vers lui. Il fixait les mutants.
- Tu n’y penses pas, se sont des ennemis, des impures. Dis-je en cachant mon bras.  
- Mais…
- Dès qu’ils seront libres ils nous tueront! Et je te rappelle que nous ne le sommes pas encore.
- Je te suis.
 
Je partis en tête, William et les enfants sur mes talons. Les petits n’osaient pas avancer.  
- Je pars légèrement devant d’accort ? Ne me perdez pas de vue.
Nous passâmes par le couloir, le semblant de vestibule et je fus vite arrivé au coude du long couloir où le rat-ogre m’avait étranglé. Je me colla dos à la paroi, rampa latéralement, et passa brièvement la tête pour avoir un aperçut du tunnel perpendiculaire au mien. En ramenant la tête je me détendit et posa l’arrière de la tête contre la roche avec soulagement.  
- C’est bon il n’y a personne. Chuchotais-je presque aux trois autres lorsqu’ils furent prés de moi. Je demandais aux enfants effrayés de garder les chaînes dans leur bras ou de les entourer sur leurs poignets, ce qu’ils firent. Faisant appel à ma mémoire, je parvins à les guider sur une bonne partie du trajet qui menait à la sortie. Du moins je l’espérais, je ne pouvais en être entièrement sûr car je ne faisais le trajet dans ce sens pour la première fois seulement. Nous ne rencontrâmes personne hormis un petit rongeur bicéphale et un autre à tentacules devant lequel je fus pris de pyrosis.
Nous marchâmes encore un peu, puis je ralentis brutalement.
- William…c’était par où déjà ?
- Tu te rappelles plus ?!
- Non et toi ?
- J’étais inconscient quand on m’a ramené !
- Chut. Tu vas les attirer. Sifflais-je en dissimulant mon anxiété.
- …
- On est perdut c’est ça ? S’enquit le plus jeune de nous tous au bord des larmes.
- Non ça va aller. Le rassura William.
Un grognement rauque nous en fit tous sérieusement douter lorsqu’il résonna dans le tunnel.
- Vite par ici. Dis-je en les menant dans une étroite galerie partant du couloir.
Nous nous aperçûmes rapidement qu’il s’agissait d’un cul-de-sac. Les pas d’un monstre faisaient trembler légèrement le sol. Nous étions fichus.
- Assis et pas un bruit. Les morigénais-je.
- William, le couteau. Chuchotais-je.
- Quoi ? Reprit–il du même ton.
- Le couteau du rat donne-le moi.  
Un doute me traversa : Avait-il confiance en moi ?
- Je…Je l’ai pas gardé…
Décidément je ne me sentais pas aidé. Je ne répondis rien.  
Les pas se rapprochaient. Tous les yeux de la crevasse où nous étions guettaient l’entré de la galerie. La chose suivait le couloir en feulant, l’un des garçons gémit et je le bâillonnais promptement de ma dernière main. Un monstrueux rat-ogre passa sans heureusement nous voir.  Le rat était gargantuesque, avait l’œil siloque et son échine était hérissée de pointes. Je proposai d’attendre un peu en lâchant l’enfant.
 
Un silence glacial s’invita dans la crevasse.
- C’est bon on peut y aller. Dit William
- Non encore un peu, il va repasser.
- Justement partons avant qu’il revienne.
- Je veux savoir à quels intervalles il fait sa ronde.
- Eh, réveille-toi. Ce n’est qu’une bête !
- On ne sait jamais. Et puis…il faut que je me repose. Avouais-je.
- D’accord mais je vais devenir fou si on s’attarde ici. Finit-il par me dire.
- Alors parlons…
- Je veux rentrer. Me coupa l’enfant à la tignasse noire. Ses yeux bruns étaient étrangement vides.
- On va y aller. Consola William.  
Il s’installa devant les jeunes enfants afin de capter leurs regards.
- Toi c’est Hermann pas vrai ? Tu es le fils du couvreur, c’est ça ?
- Oui. Répondit timidement l’enfant aux cheveux sombre
- Moi je m’appelle William.
- Moi c’est Stephen. Dit faiblement le jeune garçon blond.
- Alors racontez-moi. Comment vous êtes arriver ici ?
William me faisait l’air d’un sacré remonteur de moral. Choisir de leur faire revivre ce qui était peut être leur pire souvenir dans un tel moment…Mais il fallait que nous sachions.

n°182
skavenger
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Posté le 06-07-2007 à 15:31:56  
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Les garçons semblaient hésiter.
- On a attaqué le village ? On sentait que William craignait la réponse mais qu’il désirait l’avoir depuis longtemps.
- Je sais pas… lâcha Stephen
William parut s'agacer et ouvrit la bouche mais le deuxième enfant le prit de court.
- Non, je crois que les monstres ils ont attaqué que la maison de Kyria.
- Qui ? M’interrogeais-je
- Tu veux dire Kyria Elther ? Précisa William.
Les garçons hochèrent de la tête.
- Je comprends maintenant…
- Moi toujours pas. M’irritais-je.
- Et bien si tu veux les gens du village doivent se réunir lorsqu’il y a trop de disparitions ou de choses étranges, pour prendre une décision. Les enfants dont les parents (ou le parent) sont tous dans la maison du maire, sont emmenés chez la veuve Elther. Comme elle n’a pas d’enfants elle fait en gros la garderie. M’expliqua-t-on.
- Et c’est pour cela qu’il y avait tant d’enfants de capturés?
- Oui.
- Donc une seule maison à été vidée, le reste du village est sauf. Voilà au moins une bonne nouvelle. Déclarais-je.
- I’ zon volé Kyria et tous les enfants mais, mais nous, on à couru dans le noir. Ca faisait peur.
Maintenant que Stephen avait commencé, il voulait aller jusqu’au bout.
- Pourquoi vous n’avez pas été voir vos parents ? S’étonna William.
- On s’est perdu. Se défendit Hermann.
- Mais on s’est caché. Dit fièrement le moins âgé.
- Où çà ?
- Derrière les pierres sur le chemin. Dit Hermann en baissant la tête.  
- Mais les démons nous ont trouvés. Ajouta-t-il.
Ces imbéciles s’étaient jetés dans la gueule du loup en choisissant la pire des cachettes.
- Ce ne sont pas des démons. Dis-je.
- Si, i’ zétaient noirs et i’ zavaient des grandes griffes avec des couteaux verts. Et, et aussi ça faisait pas de bruit quand i’marchaient. Expliqua Stephen.
L’aîné des deux releva la tête.
- William, on rentre à la maison quand ?
- Bientôt. M’interposais-je.
L’enfant plus que surpris semblait m’appréhender. Il ne réagit pas lorsque William lui répondit.
- On se repose encore un peu.
Hermann fixa avec répulsion mon moignon par-dessus ses genoux. Sale gosse. Je croisa les bras malgré la roideur de l’un d’eux.
- Je suis pas fatigué, j’ai froid. Lança le benjamin du groupe.
- Moi j’ai faim. Se plain Hermann.
- On a tous faim d’accord ? M’énervais-je.
En prononçant ses mots je vis l’épaule écorchée de l’enfant aux cheveux de geai…on pouvait voir sa chaire…de la viande...
Je secouais la tête de droite à gauche pour m’éclaircir les idées.
- Ca va ? S’enquit le jeune homme.
- Euh, oui un peu vanné c’est tout. Mentis-je avec un regard involontaire à mon bras amputé.
- T’inquiète pas, quant on sera sortit je connais un forgeron qui pourra de faire un bon crochet.
Décidément il avait le chic pour relever le moral des troupes…
L’image du tenancier de Nagenof, où j’avais apporté mon dernier message, me revint en mémoire. L’aisance avec laquelle il manipulait son crochet m’avait épaté. Peut être le forgeron serait-il également en mesure de m’extraire la roche infecte.  
Avant tout je me laverais, me raserais et m’habillerais, le reste attendrait…
Bon sang, je ne valais finalement pas mieux que ce paysan de William qui tirait des plans sur la comète tel un nouveau fermier.
- Luddwik, il serait temps d’y aller.
- Bien, levez-vous on y va.
 
Nous marchâmes lentement et prudemment hors de la galerie. L’air était très tendu. Nous avions la peur au ventre. Lorsque tout le monde fut sortit, nous nous mîmes à avancer à pas rapides. Nous arrivâmes à une intersection en Y. Nous étions toujours aussi nerveux.
M’interrompant dans mes pensées, un grognement tonitruant résonna dans mon dos et nous fit tous sursauter. En me retournant, je vis l’ignoble rat-ogre à pointes, foncer vers nous à toute allure depuis l’autre bout du couloir. Nous hurlâmes notre panique. L’arrivée inopinée de la créature l’avait amplifiée suite à la tension qui nous tenait.  
- A gauche ! Me décidais-je subitement.
Poussé par l’horreur, nous prîmes de la vitesse. Les enfants furent peu à peu distancés. Stephen trébucha dans un tournent, Hermann l’attendit, William les attendit, j’attendit William. Le sol tremblait. Il approchait.
- Grouillez-vous ! Courez !  
Un nouveau boyau droit en pente légère apparut. Il n’avait ni galerie, ni alcôves. Nous ne pouvions que courir, l’énorme rat nous rattrapait. William, qui portait Stephen sur son dos, pris de la vitesse. Ma gorge parcheminée me brûlait en aubade à mes poumons, et un point de coté me poignardait le ventre.  
Un cliquetis constant couvrait les pas de la bête qui se faisaient de moins en moins lointains.  
Brusquement, tout acouphène mourut. Seuls nos pas claquaient sur le sol rocailleux. J’avais tourné la tête et le torse juste à temps pour voir Hermann décoller du sol dans un craquement. William et moi ralentîmes.
 Pendant que nous ne regardions pas, le monstrueux rat s’était saisit du lien cliquetant traînant derrière Hermann (qui l’avait lâché pour mieux s’enfuir), avait tiré un coup sec et puissant, les cervicales du garçon s’était brisés et leur propriétaire s’était envolé vers le rat.  
Le corps atterrit violemment et roula sur lui-même à plusieurs reprises. Nous nous immobilisâmes presque en voyant le rat-ogre se baisser pour lui arracher un membre avec force craquements osseux.  
 
La course précipitée de skavens nous fîmes reprendre la notre.  
Abandonnant la proie du rongeur à son triste sort, nous optâmes pour une fine trouée au cœur d’un W. La course effrénée finie par être réfrénée. Je n’avais aucune idée du lieu ou nous étions, mais nous devions continuer, c’était notre dernière chance. Mon souffle haletant faisait écho à celui de William. Je venais de constater, le point sur la hanche, que nos respirations saccadées n’étaient pas couvertes de bruit de pas, lorsque je sentit un court d’air nouveau, plus pure et plus frais. Guidé par cette espoir et mené par sa vigueur. Je tituba à travers une cavité fort pentue. William (qui avait déposé Stephen afin de mieux reprendre haleine) me joignit sans hésitation. Un trou béant vers le ciel étoilé, vomissait une luminescente blancheur qui éblouit mes yeux inaccoutumés.  
 
Je fus tôt dehors. L’air, l’air était bon. Je le sentais sur ma peau. Nous étions tout trois alignés devant l’une des entrées de la fosse aux rats, la tête vers le ciel étincelant. J’avais envie de crier ma liberté. Mais il fallait partir. Aller au village, en sécurité.  
Un bruit tranchant sonna à mes tympans, suivit de répercussions molles tel le ricochet d’une figue. En tombant le regard je vis que ce qui roulait au sol était loin d’être figue.
Morrslieb fit briller les boucles blondes de Stephen dont les yeux écarquillés me ciblaient.
Une rapide rotation de la tête à ma droite me permit de voir avec effrois, le corps chétif de l’enfant décapité avant qu’il ne s’écroule. Ma position haut-placée me permit d’attester de la netteté avec laquelle le cou avait été tranché, et de voir le sang foncé remonter des organes.
Le froid du vent me fit remarquer que j’avais de son sang sur tout le coté de mon torse nu. Craignant pour ma vie je détalla sans plus attendre. Après plusieurs pas je fit instinctivement volte-face et dû continuer plus lentement à reculons. William était toujours debout, raidit, le menton légèrement levé, le teint blafard, les yeux révulsés. Au centre de ce que j’avais pris au premier coup d’œil pour le sang de l’enfant, sous le sternum, sortait trois pouces d’acier dégoulinant de cruor et de poison vert. A la gauche du visage blême de William, une tête sortit furtivement. Progressivement apparurent depuis l’ombre de l’antre, deux yeux ocres et luminescents, un museau de fourrure foncée, des incisives saillantes jaunâtres et une cagoule de cuir plus noir que la nuit.  
Je laissa William à une lente et douloureuse mort. Ma terreur ne me laissait pas le loisir d’une conscience. Mes pieds dérapaient sur le chemin alors que le claquement d’une cape parvenait à mes oreilles. Les démons de Stephen étaient à mes trousses.
- Toi rattrape-le……arrive choses-mortes. Entendis-je partiellement au loin.
« chose-morte » Ils ne pouvaient pas dire la mort comme tout le vieux monde ? L’heure n’était pas à la linguistique et au mépris, mais la fuite. La mienne dura plus longtemps je ne l’aurais cru capable. Dorénavant je devais me restreindre à une marche rapide, que j’effectuais mi-plié par l’effort.  
En reprenant haleine par bouffées d’air glacé, je sentit que l’effluve immonde de la décrépitude englobait les alentours. C’est en les voyant tituber d’amorphie, brandirent leurs fers, et expirer leurs mugissements sourds dans la putrescence que je compris le véritable sens de l’expression « choses-mortes ». Les mort-vivants commençaient à m’entourer.
J’étais pris en tenailles par deux armées ennemies.
Dans la brume naissante se dessinaient à faible allure des silhouettes plus humaines, dotées d’oblongues griffes. Je reculais d’une frayeur et d’un désespoir débilitant.  
 
Mes épaules heurtèrent une chose inconnue et furent étreintes. Impossible de bouger. Une ombre m’enveloppait. Soudain, deux fins pieux me transpercèrent la carotide dans une ardente douleur. Je fus projeté au sol avec brutalité.  
- Rhaa. Ton sang est répugnant. Cracha une voix sinueuse et bestiale.
Les crocs ne s’étaient pas enfoncés en profondeur mais je sentais mon épais fluide vitale s’extirper de mon cou. Je devais cette mort lente à l’avancé de ma mutation et à l’aversion que mon agresseur avait pour le sang muté.  
Je voyais présentement mon hideux attaquant en contre-plongée. La bête n’était autre qu’une chauve-souris bipède, une parodie d’homme aux griffes interminables et acérées. Elle me tourna le dos et s’envola.  
 
Pourquoi tant de préambule ? Pourquoi tant de souffrances ? Pourquoi tant de morts ? Pourquoi tant d’espoir offert ? Pourquoi tant d’espoir repris ? Pourquoi tant de rêves brisés ? Pourquoi ce sadisme, cette cruauté ?
Pourquoi me faire subir tout cela pour en arriver à ce point ?
Pour un message ? Une foutue missive ? Sigmar savait-il même ce que les skavens en avait fait ? Que t’ais-je fais saint Sigmar pour mériter ce sort ? Voulait-tu tester ma résistance ? La pousser dans son ultime limite avant de me pousser dans les abîmes ?  
Es-ce toi Sigmar ?
Les charognards bavant, aux dents pourries et aux lèvres noircies s’approchèrent avidement de la future dépouille que j’étais.
Je maudis ce parchemin qui m’avait attiré dans cet enfer.  
Je maudis cet endroit qui m’avait anéanti homme, ce lieu abominable qui m’avait occis monstre, ce passage mortel dont abhorrait jusqu’au nom : Passage des pas égarés.
 
 
 
PS : ceci est une suite de ma nouvelle « Campement au passage des pas égarés »
 

n°183
skavenger
profil
Posté le 07-07-2007 à 16:25:59  
answer
 

Voici mon deuxième texte (WHB aussi) pour ce concour:
 
 
                      Leçon de ténacité ou La résistance du changement.
 
            « Guillermo…Tu m’entends Guillermito ? Viens, viens je t’attends…Nous serons enfin de nouveau ensemble…Guillermo…Guillermito… »
 
- GUILLERMO !! Lève-toi, trou…
Guillermo n’entendit pas la suite, une autre explosion avait éclaté non loin.
- Debout ! Comment tu peux t’endormir avec ces foutus canons ?
- Je ne dormais pas capitaine.
-  Te fous pas de moi ! Si je te revois avec les yeux fermés t’a intérêt à être mort ! Comprit ?
- Si. Affirma Guillermo tout en sachant que les admonestations son supérieur n’était pas que des hâbleries.
- Alors on avance !
Guillermo se releva péniblement en secouant la tête. Il avait les jambes molles et l’impression que tout tournait.
Le coup qu’il avait reçut à la tête en était sans nul doute responsable.
- Ca va Guillermo ? Lui dit Vino en lui tendant l’épée qu’il avait laissée dans la terre boueuse.
- Oui, c’est simplement dur de revenir à la réalité.
- Tu rêvais de notre belle Tilée ? Demanda Francisco.
- Non…de Mona.
- Oh, désolé Guil. Dit Francisco en se rappelant que Guillermo était veuf.
- Vous croyez qu’c’est l’moment ? S’énerva Andréas.
            Le régiment de mercenaire se reformait tant bien que mal, tout en avançant parmi les sillons. Le groupe, dirigé par le capitaine Rodrigue Morelli, était au milieu de troupes impériales. Le champ de bataille était un futur champ de blé dont l’avenir était bien incertain si l’on comptait les cratères, le sol tassée par des centaines de pieds, et le sang qui abreuvait la terre déjà fangeuse.
            A présent debout, ses esprits en place et son arme au poing, Guillermo progressait avec ses compagnons. Un ordre supplémentaire fut masqué par la détonation d’un mortier de l’Empire. Les chevaux hennissaient, les hommes hurlaient leur fiel, leur crainte, et leurs douleurs, derrière le rugissement des bouches de feu. Les seuls vraiment pondérés étaient, contrairement à leur réputation, les tiléens. La hardiesse de ces hommes tenait un mot de deux lettres : or. Leur détermination n’était du qu’a leur avidité de richesses, et cela suffisait à leurs employeurs.
 
            Devant les hommes de Morelli des lanciers Ostlander sentait leur tour venir. En effet seulement trois rangées de franches compagnies les séparaient de la seconde vague ennemie.
Une horde glapissante et hurlante, beuglait ses intimidations gutturales en les ponctuant de coup de hachoirs. Malgré toute leur fougue, les hommes ne semblaient pas de taille face à l’ire de ceux qui ne l’étaient qu’à demi.  
Soudain, quelque chose de terrible poussa un cri strident et atroce. Levant les yeux au ciel Guillermo vit une silhouette violette, floue, siffler au-dessus des rangs comme un boulet hurlant, en laissant dans son sillage une traînée multicolore. Comme tous les hommes de la compagnie, Guillermo avait souvent pris la mer en quête d’emploi, et par conséquent avait acquit certaines connaissances concernant la faune sous-marine. D’après lui la créature hurlante avait tout d’une raie, si l’on omettait sa taille, ses crocs et le fait qu’elle vole en semant l’effroi.
            Un impérial qui dirigeait des archers ostlander ordonna férocement que l’on prenne les raies volantes comme cible. Suite à cet excès venimeux, les monstres hurlants tombèrent sur lui et Guillermo ne préféra pas regarder ce qu’il en advint.  
            A présent les gerbes de sang de lanciers étaient visibles, même de Guillermo et de ses amis qui formait le troisième rang du régiment.
Bientôt les tiléens durent faire attention à ne pas trébucher sur les cadavres plus que mutilés des lanciers. Leurs adversaires avaient détalé mais avaient été remplacés avec promptitude par pires encore.  
A l’instar de leurs prédécesseurs, les bêtes avaient de la fourrure et un faciès entre le bovin et le chevalin, mais las de la bipédie, le dieu sombre leur avait envoyé des monstruosités au tronc d’humanoïde et au reste d’équidé. Pour parachever l’œuvre, les bêtes étaient fournies de cornes plus imposantes et de haches à double tranchant.
            A l’instant où ces aberrations chargèrent, il n’était plus question de lanciers, de horde et de compagnie, mais de survie. Les rangs étaient percés, les hommes désordonnés, et la sauvagerie se disputait à la vélocité.  
 
            Guillermo vit arriver vers lui l’un des hybrides mugissants. De toutes ses forces, serrant la garde de son épée, il frappa la bête dans l’espoir d’être le plus vif, néanmoins, son ennemi parvint à contrer, et grâce à l’élan qu’il avait prit, projeta le tiléen dans la limoneuse terre du champ. Avant que la bête n’enchaîne, Guillermo profita de sa position et lui sectionna les tendons au-dessus du sabot avant gauche. Une humeur pourpre jaillit et l’hybride fit volte-face en chancelant, afin de reprendre ses distances, puis de l’élan. Guillermo, lui, sauta sur l’occasion et le dos du mi-cheval. La créature chaotique se cabra et secoua furieusement son échine, mais le tiléen se cramponnait fermement à une corne. Lorsque le monstre reposa les sabots avant, Guillermo mis tout son poids sur la prise de sa senestre, et de son autre main, planta profondément sa lame dans le cou musculeux. La bête s’effondra en vomissant une humeur rouge sombre par sa plaie.            
            Guillermo roula pour ne pas être écrasé, et parvint à se remettre sur pied. Il vit Andréas croiser le fer avec un hybride, il se mit à sourire.  
« Finalement on s’en sort pas mal » se dit Guillermo, avant d’apercevoir un nouveau quadrupède en charge. Il plongea alors sur le coté pour éviter le tranchant d’une hache, et la bête le dépassa.  
Une nouvelle fois sur pieds, il jeta un coup d’œil a Andreas et vit une hache ressortir de son échine. Détournant le regard il aperçut son vieil ami qui s’approchait de lui devant un décor de carnage.
- Tiens, la perd plus cette fois. Lui dit Vino en lui présentant l’épée qu’il avait laissée dans la gorge du chaotique.
Guillermo prit nerveu