| Ignit le Fourbe / Wolfen | (Bon, voici la deuxième version, en cours sur warfo de "Dans l'Antre du Mal", posté sur le liber avant qu'il ne ferme. Je vais poster environ tous les quatre jours la suite et je vais reprendre l'écriture, ça fait un moment que je ne l'ai pas continué.)
Dans l'Antre du Mal
Introduction
Une poignée d’hommes s’aventurait dans les ténèbres nocturnes, en direction d’un manoir dont l’horrible silhouette découpait les cieux. Deux d’entre eux portaient une torche aux flammes vacillantes face aux griffes qui tentaient de les éteindre, de faire taire ce refuge.
Derek jeta un regard à la terrible noirceur qui les enserrait et frissonna, puis son attention revint au cercle de lumière et à ses compagnons. Il regarda plus particulièrement celui qui les menait, qui leur ouvrait le chemin dans la nuit. Si son regard avait été des flèches, l’autre aurait été transpercé de part en part. C’était sa faute après tout s’il était là, le jour précédent il n’était encore qu’un simple tire-laine, cambrioleur à ses heures, chiot solitaire perdu dans les entrailles du bourg. Il avait toujours vécu à Brassenwald, il avait appris à connaître cette ville malveillante, l’horrible odeur de la corruption qu’elle exhalait. Il l’avait vu, chaque jour plus impitoyable, dévorer les plus faibles, vivre du vice de ceux qui logeaient en son sein.
Orphelin de père et de mère, ses plus lointains souvenirs étaient au Temple de Shallya, où on l’avait élevé comme tant d’autres, et tenté de l’éduquer. Le jeune filou n’était pas studieux, mais il écoutait ce qui se disait : il avait vite compris que les nobles vivaient de leur cruauté, que les marchands se baignaient dans la misère de leurs rivaux, que de tous c’était la garde la plus corrompue et que même les prêtres ne bénissaient que lorsque leur bourse était bien pleine. Il avait vu trop de meurtres ignorés, surpris trop de sectes innommables pour se faire des illusions : chaque soir, le rire cruel de la ville semblait résonner dans son crâne et parfois il voyait le sourire sardonique de Morrslieb. La vérité qu’il avait tiré de ce début d’existence, c’était que les moins mauvais dans le bourg étaient les mal nés, les filous comme lui, les brigands et les coupe-jarrets, car leurs actes découlaient moins du vice que du désespoir.
Or ce jour-là qu’il était de sortie dans la rue principale, il avait vu une proie idéale. Un homme qu’il n’avait jamais vu, sans doute un étranger, maigre et élancé, la mise assez convenable et le regard dans le vague. Il avait esquivé le vieux Karl, un ancien marchand dépossédé de tout qui s’était approprié un petit angle de maison où il cuvait toute la journée ce qu’il avait bu le soir. Le regard généralement au-delà de la pensée humaine, il était parfois agressif et le jeune voleur avait appris à se méfier de lui, et des ivrognes en général. Il s’était approché de l’étranger et ses doigts avaient volé vers sa bourse, mais d’autres l’avaient intercepté ; des doigts puissants et épais, dont l’étreinte était trop forte pour qu’il ne s’en dégage. Il avait finalement levé les yeux sur une face burinée, le propriétaire de ces doigts. Celui-ci avait la mâchoire carrée, le nez maintes fois cassé, deux cicatrices sur la joue droite et une lueur brûlante dans le regard. Folie, fureur, détermination ? Il n’aurait su le dire. Il s’était attendu à des réprimandes, à des soufflets, à des cris, à un procès, mais l’homme lui avait juste demandé son nom ; il lui avait répondu d’une voix tremblotante. « Derek, hein ? » avait murmuré l’homme, comme pour lui-même. Puis il l’avait regardé droit dans les yeux et avait dit :
« Et bien pour ta peine, tu vas nous suivre, Derek. Je suis Konrad von Kohloff, de l’Ordre de la Flamme Purificatrice. »
Le jeune voleur avait frissonné à ces mots ; non qu’il eût reconnu le nom de l’Ordre, il se souvenait tout juste qu’on l’avait déjà mentionné en sa présence, mais le fait de suivre ce sinistre et étrange personnage lui causait une peur encore inconnue.
Trop occupé à maudire von Kohloff dans le secret de ses pensées, Derek ne s’était pas aperçu qu’ils étaient désormais face au manoir. Son corps fut saisi de tremblements : la corruption qui régnait sur Brassenwald n’était rien comparé à cette odeur irrémédiablement maléfique qui semblait imprégnée tout autour d’eux. Von Kohloff enfonça la porte d’entrée d’un coup de pied et un vent, glacial et vibrant à la fois, en sortit accompagné, Derek l’aurait juré, d’un rire démoniaque… ---------------
Ignit le Fourbe
Wolfen, Sombre Exécuteur
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Ignit le Fourbe / Wolfen | Chapitre premier : Ombre...
Le couloir s’étendait désormais face à eux, quelque estimation de sa taille rendue impossible par l’obscurité qui y régnait. Ils étaient emprisonnés entre les murs de pierre grise et sale qui palpitaient frénétiquement à chacun de leurs pas, enserrés par leur terrifiants bras ; de part et d’autre d’eux se trouvaient armoires et meubles couverts de poussières, pas tous en bon état, qui semblaient trembler, comme s’il leur était difficile de respirer. Le voleur maudit en silence Von Kohloff, dont la torche s’était éteinte lorsqu’il avait ouvert la porte du manoir et qui essayait non sans peine de la rallumer.
Oppressé par l’hostilité tangible du manoir, Derek aurait juré que les murs, les meubles, les rats les observaient, les détaillaient comme des proies. Il avait du mal à réprimer les frissons qui le secouaient et la dague rouillée qui pendait à sa ceinture tressautait, conjurant sa main de la saisir ; le voleur résista tant bien que mal. Devant lui, la prêtresse de Shallya jetait des coups d’œil paniqués alentour, sa robe blanche tressautait très vite, témoignant de la frayeur de la jeune femme.
Klara Eiser, réputée être la plus belle fille de Brassenwald. De quelques années plus vieille que Derek, celui-ci l’avait croisé de nombreuses fois au Temple alors qu’elle n’était que novice. Il la savait fille de la noblesse — c’était du moins ce qui se disait — et n’avait jamais compris ce qui l’avait poussé à faire ses vœux. Ce détail l’avait toujours intrigué, aussi loin que ses souvenirs remontaient et bien qu’il n’ait jamais été timide avec les filles — la servante de l’Ours Ivre, celle aux beaux yeux verts dont le nom lui échappait toujours aurait pu en témoigner — il ne lui avait jamais parlé. Quelque chose le retenait dans son port altier, sa démarche sûre, son visage sans défaut apparent. Mais dans ce manoir, elle avait le pas hésitant, la tête un peu basse. Elle semblait sur le point de se recroqueviller sur elle-même ; il la devinait scrutant désespérément les ombres, craignant quelque chimère tapie dans l’ombre. Le jeune voleur ricana faiblement à cette idée, tentant ainsi de conjurer sa propre peur ; sans succès. Il sentait toujours les crocs de la terrifiante demeure, prêts à se refermer sur lui.
Lentement, inconsciemment, sa conscience revint au manoir, comme happé par ce terrible adversaire. Désormais, il entendait ses pas furtifs dans l’ombre, il percevait le raclement de ses griffes, tâtonnant sa propre obscurité à la recherche des intrus. Le souffle de Derek se faisait toujours plus rapide et plus irrégulier. Une odeur, mystérieuse et horrible à la fois, planait à présent sur le couloir. Elle lui montait à la tête et le couloir parut tourner, d’un sens puis de l’autre, vite puis lentement. Il sentait sous lui s’ouvrir la fosse noire, des mains glacées et sans vie tentaient de l’agripper, de l’attirer. Un frisson le parcourut lorsqu’il s’aperçut du contact glacé de la Faux contre son coup. Déséquilibre soudain, il trébucha et se rattrapa à un des meubles ; il manqua de hurler à ce contact. Il aurait juré que le meuble était fait de peaux. Le malaise disparut, supplanté par l’horreur brute de la sensation. Souhaitant en avoir le cœur net, il effleura à nouveau le meuble d’une main tremblante. Cette fois c’était du bois. Il prit une grande inspiration, quelque peu soulagé mais toujours aussi terrifié par l’endroit.
Une main ferme se posa sur son épaule. Le cœur battant à tout rompre, Derek regarda derrière lui et vit Kord. Le faciès couturé de cicatrices du fanatique en aurait presque été rassurant. Celui-ci était un homme à la forte stature, semblant moulé dans du bronze, mais son regard exprimait bien plus qu’une simple brute, il montrait sa douleur et sa compassion ; c’était un regard profond et triste, pareil à un océan sombre et tourmenté brillant de reflets métalliques. Il décida de laisser la main où elle était, il lui semblait que les ombres n’osaient pas trop l’approcher. Il voyait toujours la mort ramper dans l’obscurité mais il se sentait moins en danger ; le colosse commença à réciter à mi-voix litanies et prières à Sigmar et Derek se laissa bercer par la voix cuivrée, envahi par une sérénité presque aussi étrange que le Mal qui les entourait.
Le bruit de la torche enfin allumée lui parut la plus douce des mélodies et le feu, chassant et feulant, repoussa l’obscurité et fit taire le manoir. Bientôt, tout fut inerte, froid et silencieux. Derek frissonna en songeant à ces horribles minutes, à cette terreur primaire et invraisemblable qui avait été la sienne. Il regarda ses compagnons. Kord et Von Kohloff ne semblaient absolument pas affectés, c’eut pour effet d’agacer un peu le jeune filou.
Désormais, on voyait le bout du couloir. Il n’était pas si long qu’on aurait pu le penser quelques minutes auparavant ; il était même assez court en réalité, terminé par une imposante porte… sans serrure…
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Ignit le Fourbe
Wolfen, Sombre Exécuteur
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Herihor Prêtre de Tath | Ma foi, c'est très bon ! Ton style a bien évolué, il est plus imagé, plus riche que dans mon souvenir.
Je ne vois pas grand chose à ajouter, c'est très bon !
J'attends la suite Wolfy !
Avec impatience... ^^ ---------------
Hérihor
Prêtre de Tzeentch
(*Squiiiicks* : 2)
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Ignit le Fourbe / Wolfen | Chapitre second : ... et lumière
Le manoir semblait s’être retiré avec les ombres, sa présence menaçante comme volatilisée. Derek jetait encore des regards inquiets aux ombres et s’était même surpris à tâter le mur, encore hanté par le court instant de terreur qui venait de s’achever.
Von Kohloff et ses sbires avançaient le long du couloir. Celui-ci leur paraissait court, tantôt et aussitôt d’une longueur invraisemblable. Le jeune voleur calquait ses pas feutrés sur ceux, tranquilles et assurés, du géant Kord. Derrière lui, il sentait la belle Klara plus troublée encore que lui et l’autre homme, le discret dont il avait voulu saisir la bourse ; il avait appris qu’il était le scribe particulier du mystérieux membre de l’Ordre de la Flamme Purificatrice et un coup d’œil discret en arrière apprit à Derek qu’il semblait se morfondre, sans doute trop loin de son maître pour son confort personnel.
Soudain, le doux crépitement de la torche ne fut plus, remplacé par un feulement strident et torturé. Le jeune homme se retint une fois de plus de hurler de douleur, sentant quelque chose vibrer dans son crâne et, comme un écho à cette agression sonore, il entendit une musique, surnaturelle et ardente, lancinante et assourdissante de clarté. Il était sur le point d’exploser, il le savait, il en était sûr. Il se tint la tête de ses deux mains et se courba ; non qu’il eût désiré faire cela, mais une main d’une force irrésistible l’y forçait. Il se surprit à fermer les yeux alors que la sensation d’être manipulé se faisait plus forte encore et ses jambes se plièrent à leur tour, le jetant à genoux.
La symphonie, le concert donné par les flammes hystériques et l’éclatante musique montait en apothéose et Derek souffrait de plus en plus, sur le point d’être brisé. Son âme hurla à la mort, un cri d’horreur, de désespoir, aussi involontaire que ses autres actions, qui traversa les landes immortelles de l’esprit ; la musique s’arrêta et il ouvrit les yeux, surpris d’être de nouveau maître de lui-même. Il ne lui fallut qu’un bref regard pour apprendre que seuls Kord et Von Kohloff semblaient indemnes, mais ce faisant, son œil fut attiré par un éclat et il se tourna vers la flamme de la torche.
Pour la première fois, il vit la flamme, le feu, sauvage et exalté. Il eut un mouvement de recul quand la flamme parut se jeter sur lui, plus vive et brillante encore que la musique qui avait précédé et le monde devint lumière. Perdu dans cet univers absurde d’aveugle, étendue infinie et indistincte, il fit quelques pas et chancela. La musique revint de plus belle, sonnant et trébuchant, incendiant son âme de ses notes.
A la terreur primale de l’ombre avait succédé la douloureuse exaltation de la lumière. Au sein de ces fulgurations où il se perdait, son corps souffrait le martyr. Soudain, il entendit son nom ; une fois, puis une seconde. Pour autant qu’il l’eût su, il aurait pu se passer une éternité ou deux aussi bien qu’un seul instant entre ces appels.
Ses pensées tourbillonnaient, rendues incohérentes par la douleur. Où était-il ? Où étaient donc ses compagnons ? Etait-il seulement vivant ?
La libération vint progressivement, présence insidieuse et réconfortante qui chassa la lumière. Alors que les formes de ses compagnons se formaient devant ses yeux à nouveau valides, il sentit une brève vague de douleur en lui, une dernière. Enfin, il revint à la conscience.
« C’est bon, il est de retour parmi nous. »
La voix de Klara. Derek n’arriva pas à entendre clairement la réponse de Von Kohloff, mais entrevit, au travers du voile qui persistait devant ses yeux que celui-ci faisait face à la fameuse porte.
Le voleur se releva difficilement, s’aidant du mur. Il remercia faiblement la prêtresse qui s’était cependant déjà détournée de lui, comme les autres. A voix basse, il jura. Quel était donc ce damné manoir ?
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Ignit le Fourbe
Wolfen, Sombre Exécuteur
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