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1 utilisateur inconnu

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Texte d'ambiance RP, un essai

 
n°58
dwarfkeepe​r
Nain encombrant
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Posté le 25-06-2007 à 18:07:06  
answer
 

Le brouhaha du marché étourdissait Alexis. Les senteurs épicées des mets exotiques assaillaient les sens des notables, tandis que les vendeurs à la criée rivalisaient de vociférations pour vanter les mérites de leurs produits. Des étoffes aux couleurs bigarrées jouxtaient de petits animaux de compagnie. Une boulangère rondouillarde vantait le mérite de ses miches de pain à de jeunes garçons hilares, tandis qu’un malandrin était exposé à la vindicte populaire. Le pilori avait toujours fait le malheur des larrons et le bonheur des vendeurs de légumes.
 
Le maître observait d’un œil paternaliste l’intense vie de son marché ; les commerçants et les producteurs de toute la région s’affairaient à écouler leurs biens et leurs produits aux populations de la cité éternelle, avides de mets de qualité et d’objets rares et étonnants. Tout acheteur trouvait le bien qu’il désirait, pour peu que sa vente soit autorisée ou qu’il soit prêt à y mettre le prix fort. Quelques malandrins et tire-laine s’ingéniaient hélas à ôter les bourses emplies d’or et d’argent de quelques marchands imprudents, mais les gardes sévères qui déambulaient dans la foule assuraient une relative tranquillité à ceux qui désiraient dépenser leur or bien gagné.
 
Le comptable du maître hochait la tête d’un air satisfait. Alexis percevait une commission non négligeable sur les ventes de son marché, chaque marchand présent sur ce lieu de commerce étant redevable auprès du maître des lieux d’un certain nombre de créances et de dettes non remboursées. Les commerçants pouvaient se livrer à leurs activités, tant qu’ils payaient leurs dettes avec les produits de leur journée.
 
Bien évidemment, le comptable d’Alexis était un être suffisamment habile pour racheter les nouveaux emprunts des commerçants aux marchands d’argent de la cité, s’assurant ainsi une servitude financière presque éternelle de ceux qui croyaient pouvoir vivre de leur métier. Ceux qui avaient eu recours aux usuriers au-delà de ce que recommandait la raison, ne pouvaient au final rembourser leurs dettes de quelque façon que ce soit, et Alexis se trouvait dans l’incapacité de retirer son bien du fruit de leur labeur.
 
Heureusement, les marchands de chair de la cité étaient sans cesse à l’affût de nouveaux esclaves pour finir dans les arènes, et Alexis n’avait jamais laissé s’échapper une occasion de s’enrichir, et le grand registre où toutes les dettes et les créances de ses débiteurs étaient recensées ne cessait de grossir de nouvelles informations
 
Toute la fortune du maître tenait à sa mainmise sur le marché des arènes et à la possession de ce registre. Surtout à la possession de ce registre, registre détenu par le comptable sous la vigilante garde de deux solides guerriers. Rien ne remettrait en cause sa fortune. Rien.
 
La foule sembla soudain agitée par une certaine nervosité. Des éclats de voix jaillirent d’un étal de légumes, un client visiblement furieux tentant de rosser un malheureux commerçant. Le maître fronça les sourcils avant d’enjoindre à quelques gardes d’aller séparer les deux trublions. Si les bagarres divertissaient les foules, elles les empêchaient de se concentrer sur la dépense de leur or, et cela lui déplaisait fortement. Les gardes en arme se frayaient un chemin à grand coup d’épaule dans la foule de badauds, cherchant à gagner au plus vite le lieu du tumulte. La foule rugissait de joie ou de dépit alors que le marchand à terre tentait maladroitement de se protéger face aux assauts de son client mécontent. L’étal de légumes avait été renversé, toute la production du marchand traînait par terre à moitié écrasée par les deux hommes ou par la foule qui s’approchait pour profiter du spectacle.  
 
Les gardes finirent enfin par arriver sur le lieu du tumulte, et séparèrent vigoureusement les deux fauteurs de trouble. Alexis leur ordonna d’un mouvement de la tête de les jeter hors de son marché, avant de retourner à ses occupations.
 
Une feuille de papier en flammes vola un instant sous le regard médusé du maître. D’autres feuillets similaires suivirent bientôt le chemin du premier, et, médusé, Alexis ne put que crier sa rage et sa frustration.  
 
Perché sur le toit d’une bâtisse proche, un individu vêtu d’une tenue rouge flamboyante au visage masqué par une écharpe, tenait dans ses mains un imposant ouvrage à moitié dévoré par les flammes. Des feuillets noircis s’en détachaient avant d’être emportés par une fine brise jusqu’au centre du marché où ils finissaient de se consumer.
 
Le comptable d’Alexis poussa un cri de dépit, son précieux registre ayant était subtilisé sous ses yeux, ne laissant guère à sa place qu’un vulgaire morceau de papier où était représentée une balance aveugle.  
 
Les gardes n’avaient rien vu. Le comptable n’avait rien vu. Alexis n’avait rien vu. Mais tous voyaient désormais la source de sa fortune et de sa richesse disparaître, rongée par les flammes allumées par cet individu. Le rire du voleur s’éleva haut et clair alors qu’il s’enfuyait par les toits, répondant aux cris de joie et d’allégresse des commerçants qui comprenaient enfin que leur liberté venait de leur être rendue.
 
Alexis s’effondra en arrière, le cœur arrêté, une malédiction aux disciples d’Alaë, la déesse voleuse, suspendue au bout de ses lèvres.

n°60
deimos
L'ange noir de la rédaction
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Posté le 25-06-2007 à 19:48:12  
answer
 

La chute est géniale. Un souris en coin se dessinais sur mon visage au fur et à mesure que les mots défaillaient sous mes yeux. [:deimos] Le style d'écriture est toujours aussi bon. Bref du Dwarfkeeper tout craché.
 
A lire sans retenue.
 
Mais un titre manque à un si beau texte.  [:deimos:6]


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Donner à chacun son espace de liberté à l'intérieur d'un cadre donné. Laissez s'exprimer la diversité des talents tous en préservant une unité... esquisse de la force d'une communauté ?
n°64
NerZul
Patriarche Sombre
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Posté le 26-06-2007 à 09:17:09  
answer
 

Super ! Et la chute, on s'y attend pas, l'incident du marché nous distrait comme elle distrait les personnages. Très bonne écriture.
 
Bravo !


Message édité par NerZul le 26-06-2007 à 09:17:30
n°65
slagash
Hérétique 066
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Posté le 26-06-2007 à 11:05:38  
answer
 

Bravo.
Pas grand chose d'autre a dire, mais dès que j'ai lut le feuillet en flamme j'ai deviné le truc.
Ca se passe dans un univers particulier ?
 
Slagash.


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Présence du complot le 16 avril 2006...
Dext Affichage de la liste des connectés16/04/06 - 19:23
Slagash le Perfide Affichage de la liste des connectés 16/04/06 - 19:26
Squeez Affichage de l'index des forums 16/04/06 - 19:16
n°66
Tite-Messa​nte
Et son MaleMaul
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Posté le 26-06-2007 à 12:42:02  
answer
 

C'est tres chouette ... oui oui oui
Et l'Univers ... hmmm ca a comme des airs de Nightprowler et de Samarande dans un inconscient de messante ...
oopah (copyright tout ca tout ca)  :bounce:


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I sing songs of wishes ... for Albion !
http://www.acapela-group.com/Greetings/1-b846b04c2ebc5
http://lostcontemplations.com/Auax [...] ramel.html
n°71
dwarfkeepe​r
Nain encombrant
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Posté le 30-06-2007 à 15:07:36  
answer
 

Merci pour vos sympathiques réponses.
 
Le cadre est l'univers de BA (Un jeu en php en ligne.) mais avec ma touche perso, comme d'hab.
 
Il est vrai que le coup du registre en flammes était téléphoné, mais le but de cet essai n'était pas d'être original, mais plutôt d'essayer de retranscrire une ambiance particulière. Il me semble que cela est réussi.
 
Merci encore à vous pour avoir pris le temps de lire ces lignes.
 
Dwarf


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